Quelle honte ! L’Allemagne ne dépense que 124 euros par an et par habitant pour son infrastructure ferroviaire, ce qui fait d’elle un très mauvais élève parmi les États européens. Une situation que l’Allianz pro Schiene, une association qui promeut le transport ferroviaire, fustige à juste titre dans sa communication. A titre de comparaison, elle relève que la Grande-Bretagne investit 158 € par habitant et par an, la Norvège 353 €, et le champion européen, le Luxembourg, 607 €.
Et la France ? Sortez vos mouchoirs… 45 €. Non, il ne manque pas un zéro à la fin, vous avez bien lu quarante-cinq euros !
C’est moins que l‘Espagne (56 €), moitié moins que l’Italie (103 €), et près de trois fois moins, donc, que le « cancre » allemand.
Aujourd’hui, les lignes ferroviaires françaises sont tellement vétustes, tellement délabrées, qu’elles risquent de ne pas pouvoir résister… au changement climatique ! Faute d’une action cohérente de la collectivité nationale, le moyen de transport le plus décarboné pourrait devenir la première victime du trop-plein de carbone dans l’atmosphère. C’est rigolo, non ? Il y a quelques mois, la Cour des comptes fustigeait dans un rapport la pingrerie de l’État en matière ferroviaire : « les équipements électroniques et métalliques (voies, caténaires) sont sensibles à la température, les voies et leurs assises sont exposées aux inondations et ruissellements, etc. Cette vulnérabilité intrinsèque est pour partie liée à l’ancienneté du réseau. En outre, la vétusté de certaines composantes de l’infrastructure accentue leur sensibilité aux aléas météorologiques. Vents violents, fortes pluies, foudre, fortes chaleurs, grands froids provoquent chaque année des milliers d’incidents, du retard de quelques minutes à la fermeture de voies pour remise en état ».
En février 2023, la première ministre Elisabeth Borne (mais si, rappelez-vous, Elisabeth Borne… ça vous revient ?) annonçait fièrement un plan de 100 milliards d’euros pour le ferroviaire. Sans aller toutefois jusqu’à expliquer où l’on trouverait ces financements. Qui, depuis, a entendu parler de ce plan ?

