L’administration Trump ouvre la voie à une levée des mesures de protection d’espèces menacées

Salu-Loeb-AFP-

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Le nouveau gouvernement américain a ouvert la voie cette semaine à une levée de mesures de protection d’espèces et de territoires menacés pour permettre l’augmentation de la production d’hydrocarbures, une promesse de Donald Trump.

Le ministre en charge des terres fédérales et des parcs nationaux, Doug Burgum, a ordonné tard lundi aux administrations qu’il supervise de travailler à la mise en oeuvre de mesures permettant de doper la production d’énergies fossiles, principales responsables du changement climatique, pourtant déjà à un plus haut.

Parmi les mesures évoquées, certaines affaibliraient la législation de protection des espèces en danger, et mettraient en danger des territoires préservés et fragiles allant de l’Arctique au Grand Canyon, préviennent des associations de protection de l’environnement.

Evoquant le « début d’un nouveau chapitre passionnant » pour le ministère, M. Burgum, connu pour sa proximité avec l’industrie pétrolière et gazière, a enjoint ses équipes de montrer « au monde la puissance des ressources naturelles » du pays.

Conformément aux décrets présidentiels pris par Donald Trump, M. Burgum évoque l’annulation d’interdictions de forage dans plusieurs zones, dont une aire protégée d’Alaska, prises par l’administration précédente du démocrate Joe Biden.

Il appelle également dans sa directive à lever une réglementation prévenant les morts d’oiseaux accidentelles, notamment liées à l’industrie pétrolière.

Et, fait plus surprenant, à réévaluer les mesures de protection de toutes les zones classées « monuments nationaux » – soit 138 sites historiques -, ce qui pourrait accélérer le déclin d’espèces animales et végétales menacées, préviennent des experts.

« Attiser les flammes »

« En soumettant tous les monuments nationaux à un examen et à une éventuelle suppression (des mesures de protection), cette directive pourrait constituer l’attaque la plus radicale jamais menée contre les terres publiques », alerte Taylor McKinnon de l’ONG Center for Biological Diversity auprès de l’AFP.

« Alors que les espèces menacées sont en train de décliner et de disparaître à travers l’Amérique, cet arrêté va attiser les flammes de la crise d’extinction », abonde son collègue Noah Greenwald.

Depuis les années 1970, les espèces menacées sur le territoire américain sont protégées par la loi fédérale américaine de protection des espèces en danger, nommée l’Endangered Species Act.

Mais cette législation, qui a notamment permis de sauver de l’extinction l’emblème même du pays, le rapace appelé pygargue à tête blanche, ou encore le loup gris, avait été mise à mal par Donald Trump lors de son premier mandat et pourrait aujourd’hui subir de nouvelles atteintes, après que Joe Biden eut rétabli certaines des mesures supprimées par le républicain.

Selon Noah Greenwald, les espèces vivant sur des zones riches en gisement de pétrole et de gaz naturel, comme les tétras des armoises et les tétras pâles, des oiseaux qu’on retrouve au Texas, pourraient être les plus impactées.

« Donald Trump a clairement dit dès le premier jour de son mandat quelles seraient ses priorités en matière de gestion des terres et des eaux publiques », rappelle Athan Manuel de l’ONG Sierra Club, qui voit dans la directive de M. Burgum « l’étape d’après de sa politique irresponsable de +forage à tout-va+ ».