Agriculture: la pédagogie, « base de notre métier », répondent les agents de l’OFB à la FNSEA

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« On est entre le marteau et l’enclume »: les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), cible de la colère des agriculteurs de la FNSEA, refusent vendredi d’être pris pour des boucs émissaires, assurant que la pédagogie est déjà « la base » de leur métier.

Parmi leurs revendications présentées au gouvernement mercredi soir, après plusieurs jours de crise agricole, le syndicat majoritaire FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont demandé à « placer l’action de l’OFB sous l’autorité des préfets et désarmer les agents de l’OFB et inscrire leurs interventions sous le signe de la pédagogie ».  « C’est la base de notre métier. Quand on fait un contrôle, c’est à 70% de la pédagogie et de la discussion », réagit Eric Gourdin, secrétaire général UNSA-Ecologie et membre du conseil d’administration de l’OFB, interrogé par l’AFP.  « Il y a déjà de la pédagogie », abonde Vincent Vauclin, secrétaire général CGT-Environnement et également membre du conseil d’administration de l’OFB, un établissement public chargé notamment de la police de l’environnement.   Et de citer l’exemple d’un remblai en zone inondable, ce qui est interdit. Les agents « vont voir si la personne est d’accord pour retirer la terre et la mettre à un autre endroit » et « si le gars fait les travaux rectificatifs sous quinzaine, il n’aura pas son PV », illustre-t-il.  L’OFB compte 3.000 agents, dont 2.000 sur le terrain. On dénombre parmi eux 1.700 inspecteurs de l’environnement, qui disposent de pouvoirs de police administrative et judiciaire. A ce titre, ils font respecter les règles en matière d’usage des pesticides, d’arrachage de haies ou encore de respect des arrêtés sécheresse.   « Pourquoi on est armé ? Parce qu’on a affaire à toutes sortes de gens qui peuvent être menaçants et qui nous menacent régulièrement », explique Eric Gourdin. Un monument aux morts au centre de formation du Bouchet (Loiret) en témoigne: il porte les noms de « peut-être une trentaine de collègues qui ont été tués » dans l’exercice de leurs fonctions.  Les responsables syndicaux renvoient vers des problématiques plus larges pour expliquer la colère du monde agricole.  « C’est plus facile de désigner des coupables extérieurs, sur des choses un peu périphériques, symptomatiques mais qui ne sont pas le coeur du problème », souligne Vincent Vauclin.   « Leur vrai problème, c’est le système agricole intensif, qui n’est ni humain ni naturel », estime-t-il.  Les contraintes environnementales sont issues des lois votées par le Parlement et des règlements décidés par le gouvernement, rappelle pour sa part Eric Gourdin: « nous sommes simplement chargés d’appliquer sur le terrain, ce n’est pas nous qui les faisons ».  « On est entre le marteau et l’enclume comme tous les services de contrôle », regrette-t-il.  Sollicitée par l’AFP, la direction de l’OFB n’avait pour sa part pas réagi dans l’immédiat.