Huit poissons sur dix non issus de la pêche durable selon l’UFC-Que Choisir

Photo d'illustration © Chuttersnap - Unsplash

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Plus de huit poissons sur dix vendus dans la grande distribution ou des poissonneries de quartier ne sont pas issus de la pêche durable, selon une enquête publiée par l’UFC-Que Choisir, qui dénonce le recours au chalut.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a mené une étude auprès de 1.072 rayons poissonnerie de grandes surfaces et 139 poissonneries de quartier entre le 25 janvier et le 8 février, sur huit espèces menacées par la surpêche : baudroie, hareng, langoustine, lieu noir, maquereau, merlu, sardine et turbot. Le constat est selon elle sans appel : ses relevés montrent que les « deux tiers des poissons sont capturés dans des stocks déjà surexploités« , essentiellement au chalut (74%).

Or le chalut retient des espèces non ciblées, détériore les fonds marins pour les chaluts de fond, explique l’association, pour qui « en l’état actuel des choses, cette méthode est donc à bannir« . « En croisant les méthodes de pêche avec les zones de capture, on calcule qu’au global 81% des poissons examinés sont pêchés de manière non-durable. Le turbot, la baudroie et le lieu noir affichent les plus mauvais résultats avec respectivement 99%, 98% et 93% de poissons non-durables« , détaille-t-elle.

Au rayon surgelé, la situation est « encore plus catastrophique« , 95% des poissons examinés n’étant pas issus de la pêche durable, selon l’UFC-Que choisir. Plus de la moitié des lieux de vente étudiés (55%) proposaient par ailleurs au moins une des quatre espèces qui se trouvaient au moment de l’étude en période de reproduction, « participant ainsi à la fragilisation de ces stocks« . Les méthodes de pêche sont absentes sur un quart des poissons et la zone de pêche n’est pas mentionnée « dans plus d’un cas sur dix. Et quand elle est indiquée, elle est trop souvent indéchiffrable par un consommateur non expert, car exprimée par un code« . Ces mentions sont pourtant obligatoires depuis 2014.

L’association demande donc aux pouvoirs publics notamment de « créer un indicateur simplifié intégrant les trois dimensions de la durabilité : zone de capture, méthodes de pêche et saisonnalité« . Pour le comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), au contraire, « la durabilité de la pêche française se confirme depuis plusieurs années avec reconstitution des stocks comme souligné par la commission européenne elle-même et des stocks de plus en plus nombreux au RMD« , le rendement maximal durable, soit la quantité de poissons qu’il est possible de pêcher sans affecter la capacité de la population à se reproduire.