Un jeune gypaète barbu abattu dans les Cévennes

Photo d'illustration ©blende12 de Pixabay

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Un gypaète barbu a été retrouvé criblé de plomb le 11 octobre 2020. Ce vautour avait été relâché cette année dans le cadre d’un programme de conservation.

Un gypaète barbu, une espèce de vautour rare et menacée a été abattu. Il a été retrouvé criblé de plomb le 11 octobre 2020 au bout d’une piste forestière sur le territoire d’une commune de Lozère, dans le Parc National des Cévennes. Le vautour nommé Dolomie est né le 12 mars 2020 au Zoo de Tierpark à Berlin. Il avait été relâché dans l’Aveyron le 13 juin par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO).

La LPO porte plainte pour destruction d’espèce protégée, délit punissable d’une peine de 3 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. L’oiseau présentait une quinzaine de plombs de chasse à la radiographie. L’autopsie révèle que ces plombs n’ont pas touché des organes internes mais qu’ils ont provoqué la chute de l’individu avec hémorragie et perforation de l’intestin, un petit bout d’os l’ayant percé pendant le choc.

En 2019, un autre gypaète avait été déjà été relâché dans les Grands Causses puis retrouvé mort quelques mois après. L’Office Français de la Biodiversité (OFB) a confirmé qu’il s’agissait d’une destruction volontaire, et l’enquête est toujours en cours. En 2014, un vautour de la même espèce avait été victime d’un tir volontaire dans le Lot et un autre a été abattu en 2013, 13 ans après avoir été relâché.

« Le retour des vautours participe au rétablissement d’un maillon essentiel des espaces naturels et pastoraux : la nécrophagie. En se nourrissant de cadavres d’animaux, ces charognards augmentent la capacité de résilience des écosystèmes en limitant les risques d’émergence et de dispersion de souches pathogènes et en participant à la restauration des sols (litière, biomasse du sol) » détaille la LPO dans un communiqué. Depuis 2016, 33 gypaètes ont été réintroduits dans le cadre du programme de sauvegarde du gypaète soutenu par la Commission Européenne et coordonné par la LPO : le « Life Gypconnect ».