Norvège : Le plus gros fonds souverain au monde exhorte à la protection des océans (1 mn 30)

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Les entreprises devraient en faire plus pour protéger les océans, notamment contre la pollution par des déchets plastiques, estime le plus gros fonds souverain au monde, celui de la Norvège, dans un document publié mercredi.

« L’océan est un élément vital de la biosphère et un élément important pour l’économie mondiale, a souligné Yngve Slyngstad, le patron du fonds qui pèse 8.660 milliards de couronnes (890 milliards d’euros). Nous attendons des entreprises qu’elles gèrent les défis et opportunités liés à une utilisation durable des océans, a-t-il ajouté dans un communiqué. Poids lourd de la finance mondiale, le fonds a publié un document dans lequel il énonce ses attentes dans ce domaine à l’égard des quelque 9.000 entreprises dans lesquelles il est investi. Il leur enjoint notamment d’intégrer cette thématique dans leur stratégie. Il appelle par exemple les producteurs de plastique à envisager une transition vers une « économie circulaire » économe en matières premières, et les pêcheurs à adopter des pratiques durables en s’assurant de ne pas mettre en danger les futures populations de poissons. Ces attentes s’adressent aux entreprises actives en mer (transport maritime, pêche, aquaculture) mais aussi à celles qui peuvent avoir un effet sur les océans (distribution, industrie plastique, agriculture), précise le fonds. Celui-ci a déjà fait connaître par le passé ses exigences dans d’autres domaines tels que la gestion de l’eau, la lutte anti-corruption, les droits de l’Homme ou encore la transparence fiscale, jugeant que de mauvaises pratiques en la matière pouvaient nuire à la rentabilité des entreprises. Mercredi, le fonds a également publié un document dans lequel il examine sa contribution aux objectifs de développement durable de l’ONU. « Notre contribution la plus importante est de renforcer la gouvernance, d’améliorer les performances et de promouvoir des pratiques d’affaires compatibles avec le développement durable », a affirmé M. Slyngstad. En plus de ses exigences vertueuses dictées par des considérations purement financières, le fonds obéit à un ensemble de règles éthiques qui lui interdisent notamment d’investir dans les sociétés coupables de violations graves des droits de l’Homme, celles qui fabriquent des armes nucléaires ou « particulièrement inhumaines », ou dans les secteurs du charbon et du tabac.