Des forêts sri lankaises menacées de défrichement

Photo d'illustration ©Dan Lundberg - wikimedia

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Les autorités sri-lankaises ont récemment transféré la tutelle des forêts situées en dehors des zones protégées aux administrateurs locaux afin d’accroître la productivité alimentaire de l’île. Les militants écologistes s’inquiètent des potentiels défrichements à venir.

Au travers d’un seul communiqué, les autorités sri-lankaises ont récemment annoncé avoir transféré la tutelle des forêts situées en dehors des zones protégées aux administrateurs locaux. Ce transfert permet de mettre ces « autres forêts d’État » (OSF pour « Other State Forest ») à disposition à des fins agricoles. Les autorités souhaitent à travers ce changement accroître la productivité alimentaire.

Ces forêts sont situées à la lisière des zones protégées. Elles sont historiquement administrées par une unité administrative de niveau régional au Sri Lanka, les « secrétariats divisionnaires ». En 2001, leur administration a été transférée au Département de la conservation des forêts, compte tenu de leur importance. En juillet 2020, le gouvernement a choisi de re-transférer ces forêts aux secrétariats divisionnaires avec pour objectif de stimuler la production agricole nationale afin de faire face aux difficultés économiques causées par la pandémie du Covid-19.

Cette décision inquiète les militants écologistes, qui craignent que ces forêts soient défrichées pour l’agriculture et d’autres travaux de développement. La décision de l’État comprend l’autorisation de la libération de FOS, ou « forêts résiduelles« , à des fins agricoles. Le terme « forêts résiduelles » est souvent utilisé pour désigner ces forêts, ce qui donne l’idée qu’elles ne sont pas très importantes et qu’elles peuvent être utilisées à d’autres fins et ne pas être traitées comme des forêts. Le secrétaire du ministère de faune et de la conservation des forêts, Bandula Harischandra a déclaré dans un entretien au site d’information Mongabay que « les secrétaires de division ne pourront pas prendre de décisions « au hasard », lorsqu’il s’agira de gérer d’autres forêts d’État. Toute décision de libérer une bande de FOS pour l’agriculture ou à d’autres fins sera basée sur les recommandations d’un comité, ajoutant que la décision du gouvernement souligne également la nécessité d’éviter de développer des zones écologiquement sensibles ».

Dans un communiqué diffusé par Friends of the Earth Sri Lanka, les militants écologistes se disent très peu convaincus par ces garantis et rappellent que les OSF présentent des niveaux élevés de biodiversité qui risquent d’être détruits.

Lire le communiqué de friends of the earth Sri Lanka