Le monde échoue à tenir ses engagements de protection de la biodiversité

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Parc national des Pyrénées © L'Agence Nature
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Une nouvelle étude montre que, malgré les engagements des Etats à protéger la nature lors de la Convention sur la diversité biologique en 20120, 78 % des espèces menacées connues ne bénéficient pas d’une protection adéquate.

En 2010, dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), de nombreux pays avaient pris des engagements forts en faveur de la conservation de la biodiversité. Ils avaient convenu que, d’ici 2020, les efforts de conservation par zone devaient couvrir au moins 17 % des terres et 10 % des océans et, surtout, viser des zones importantes pour la biodiversité et les services écosystémiques. Nombre d’entre eux échouent à tenir leurs promesses, révèle un rapport d’une équipe internationale de scientifiques.

Rendant compte de leurs résultats dans la revue Nature, les chercheurs, provenant de 14 organisations internationales, ont procédé à un examen mondial des efforts de conservation par zone, en superposant les cartes des zones protégées sur les écosystèmes naturels, les espèces menacées ou encore les puits de carbone sur terre et en mer. L’équipe a constaté que l’objectif de 17 % de superficie terrestre était loin d’être assez élevé pour atteindre une couverture écologiques complètes des espèces menacées. En outre, 78 % des espèces menacées connues et plus de la moitié des écosystèmes terrestres et marins ne sont toujours pas protégés de manière adéquate; et sept des régions les plus productives pour la pêche n’ont aucune couverture officielle de zones protégées. Si de nombreux pays, comme le Botswana et la Thaïlande, disposent de zones protégées exceptionnelles, d’autres riches en biodiversité, comme Madagascar et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, sont loin d’atteindre leurs objectifs.

Les auteurs notent que le déficit financier actuel pour la conservation par zone dépasse probablement la barre des plusieurs milliards de dollars. Ils ont également examiné dans quelle mesure la gestion des zones protégées a été efficace et équitable, étant donné que ces critères figurent également dans les objectifs de conservation par zone convenus en 2010. Ils ont constaté que la prise de décision n’est souvent pas équitable et que les acteurs locaux peuvent percevoir une perte générale de droits sur les ressources naturelles dans de nombreux cas, après la création d’une zone protégée.

Les auteurs affirment que pour que la biodiversité ait une chance, les gouvernements, les donateurs multilatéraux et les autres bailleurs de fonds doivent investir beaucoup plus pour consolider les efforts de conservation par zone. Il existe également d’importantes possibilités de mieux reconnaître et soutenir les avantages pour la biodiversité des zones terrestres et maritimes gérées par les populations autochtones et les communautés locales. En outre, ils soulignent que de nouveaux modèles sont nécessaires pour une conservation par zone qui récompense les actions équitables et favorables à la conservation menées par les mineurs, les agriculteurs et les promoteurs.

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