Cap-Vert : un havre de paix pour les oiseaux marins

Photo d'illustration ©Dick Daniels - wikimedia

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Un nouveau réseau de recherche et de conservation des oiseaux marins au Cap-Vert a un impact positif sur les espèces d’oiseaux.

En 2017, Birdlife International a lancé ce que l’organisation estime être « la plus grande initiative de conservation des oiseaux marins jamais entreprise au Cap-Vert ». 13 organisations locales et internationales ont combiné leurs efforts pour améliorer les connaissances sur les populations d’oiseaux marins et les menaces, pour ainsi créer une gestion durable permettant la conservation à long terme des oiseaux marins dans l’archipel. Ce projet a obtenu un grand succès en termes de recherche, d’atténuation des menaces et de sensibilisation.

« Les oiseaux de mer comptent parmi les espèces d’animaux sauvages les plus dévastées et les plus menacées au monde en raison de l’intensification des menaces qui pèsent sur eux, tant en mer que sur terre », indique Birdlife dans son rapport. Pourtant, ces espèces sont essentielles aux écosystèmes terrestres. « Les excréments des oiseaux de mer (connues sous le nom de guano), leurs œufs et les traces de nourriture qu’ils ramènent de la mer sont des nutriments essentiels pour le sol, la végétation et d’autres animaux. Ces nutriments seront finalement emportés dans les eaux côtières par la pluie, fertilisant à leur tour les zones où se développent les bancs de poissons. Certains de ces poissons nourriront les oiseaux de mer, fermant ainsi le cycle de la vie. Les oiseaux de mer jouent donc un rôle-clé dans le maintien des stocks de poissons en bonne santé. », explique l’ONG.

Le Cap-Vert se présente aujourd’hui comme un refuge incontournable pour les oiseaux marins. L’État insulaire, située à 600 km au large des côtes sénégalaises, possède une mosaïque d’habitats dont ils ont besoin pour se reposer, se nourrir, rencontrer leurs partenaires et nicher. Grâce au projet lancé en 2017, des enquêtes nationales ont permis de découvrir plus de 30 nouvelles colonies d’oiseaux de mer de sept espèces différentes et de nombreux nouveaux nids d’espèces endémiques ou menacées.

En outre, certaines des plus grandes colonies du pays ont été découvertes pour certaines espèces, par exemple les oiseaux tropicaux à bec rouge de l’île Sal, découverts par l’Associação Projeto Biodiversidade (APB) en partenariat avec l’université de Barcelone (UB). Avant cela, l’organisation Capverdienne n’avait aucune idée de la taille de la colonie. C’est grâce à la mise en relation avec l’Université de Barcelone que les membres de l’APB ont pu compter les nids et recenser les oiseaux. Près de 7 000 individus de toutes les espèces nicheuses ont pu être bagués, et grâce à une technologie de suivi de pointe il a été possible de découvrir les déplacements de toutes les espèces d’oiseaux de mer nichant au Cap-Vert tout au long de l’année.