Lutter contre la mort et le commerce illégal d’oiseaux sauvages en Afrique Sub-Saharienne

Photo d'illustration ©Kevinsphotos de Pixabay

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Dans le cadre d’une vaste étude, l’association de protection de la nature Birdlife International a annoncé vouloir compiler toutes les informations existantes relatives à la mise à mort, le piégeage et le commerce d’oiseux en Afrique Subsaharienne, et invite chacun à participer.

En Afrique Subsaharienne, les oiseaux, morts ou vivants, sont convoités. Mais l’abattage, le piégeage, la capture et le commerce illégal conduisent les oiseaux sauvages vers l’extinction, indique Birdlife International. Contrairement à d’autres régions du monde, le prélèvement illégal d’oiseaux sauvages de leur habitat naturel est très mal documenté en Afrique-Subsaharienne. BirdLife International entreprend une étude pour compiler toutes les informations existantes relatives à la mise à mort, le piégeage et le commerce d’oiseaux dans cette zone géographique. Les données récoltées à ce jour sont alarmantes. Par exemple, 97 % des 41 737 perroquets gris d’Afrique commercialisés à Singapour en 2005-2014 provenaient de pays africains, dont le Congo, la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Liberia et l’Afrique du Sud (la RDC étant le principal exportateur). En Afrique du Sud, environ 2 millions d’oiseaux ont été abattus en 2013, et entre 174 000 et 428 000 d’entre eux sont empoisonnés illégalement chaque année.

Selon Birdlife, le commerce d’oiseaux pourrait représenter une industrie de plusieurs milliards de dollars au niveau mondial. Les pays d’Afrique Sub-Saharienne tirent un gros profit de la capture et de la vente sur les marchés des oiseaux, mais ceux-ci sont également trafiqués en vertu de croyances et de pratiques culturelles : en 2020, en Guinée Bissau, plus de 2 000 vautours charognards Necrosyrtes monachus (en danger critique d’extinction) sont morts lors d’un empoisonnement massif, puis décapités pour la plupart, afin de fournir des marchés en gris-gris, onguent et amulettes.

L’étude menée par Birdlife International vise à documenter les espèces, les raisons et les méthodes de mise à mort et de prélèvement illégaux d’oiseaux, ainsi que les pays et zones les plus concernés par ces pratiques. L’Afrique-Subsaharienne n’est pas le seul endroit à voir sa population d’oiseaux sauvages diminuer : le chardonneret élégant Carduelis carduelis a par exemple perdu 56,7 % de son aire de répartition au Maghreb occidental en raison de la chasse et du commerce intensifs. La rareté de cet oiseau a entraîné une hausse des prix et permis la mise en place d’un réseau de commerce international illégal dans toute la région du Maghreb occidental. Un chardonneret y vaut actuellement 50 dollars, soit près d’un tiers du revenu mensuel moyen dans la région.

L’association de protection de la nature  invite chacun à participer à la réalisation de cette étude en apportant des informations supplémentaire qui pourrait compléter les données déjà récoltées.

Pour plus d’informations sur la collecte de données vous pouvez contacter  :

  • Consolata Gathoni : consolata.gathoni@birdlife.org
  • Alex Ngari : Alex.Ngari@birdlife.org.