Un défenseur de la chasse présidera l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB)

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L’ancien ministre Philippe Martin, longtemps membre du groupe « chasse » de l’Assemblée nationale, a été désigné par le Conseil d’administration.

Député du Gers, Philippe Martin a été un très éphémère (8 mois) ministre de l’écologie, de juillet 2013 à mars 2014. Ancien préfet et membre de plusieurs cabinets ministériels socialistes (Paul Quilès, Roger Quilliot), président du conseil général du Gers, il a fait adopter en 2004 par l’assemblée départementale un vœu qui exprimait son opposition aux cultures OGM en plein champ, délibération finalement annulée par le Conseil d’Etat. Infatigable défenseur de la chasse et de ses pratiquants, il a été secrétaire du groupe d’études « Chasse et territoires » à l’Assemblée nationale.

Sa désignation intervient dans un contexte de tension avec le monde de la chasse : le 11 janvier, le conseil d’administration de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) –dont les chasseurs, majoritaires au CA, avaient refusé qu’il rejoigne l’AFB- a adopté une motion refusant que, comme prévu dans la loi, l’AFB et l’ONCFS coopèrent notamment en matière de police de la nature.

Deux vice-présidents seconderont M. Martin : Françoise Gaill, biologiste spécialiste des écosystèmes océaniques et Ferdy Louisy, président du parc national de la Guadeloupe. L’astrophysicien Hubert Reeves a déjà été nommé président d’honneur de l’AFB.

Au cours de la même réunion, le 19 janvier, le conseil d’administration de l’AFB a adopté le plan de travail défini par la ministre.

L’agence travaillera ainsi à la « généralisation des sciences participatives », à la création de huit aires marines éducatives en 2017 et aidera à la réalisation de « 500 nouveaux atlas de biodiversité communales », selon le communiqué du ministère.

Parmi ses autres missions: la restauration d’un site naturel au large de Saint-Raphaël par l’enlèvement d’un « récif artificiel en pneus immergés dégradés », la généralisation du dispositif d’évitement des collisions entre les navires et les cétacés en Méditerranée, le recensement des mammifères marins aux Antilles. Elle fournira aussi une « expertise sur les alternatives aux pesticides, dont les néonicotinoïdes, pour permettre d’accélérer leur mise sur le marché ».

L’AFB devra également « travailler aux plans nationaux » mis en place par le ministère (Zéro pesticide, Plan national santé environnement, Stratégie nationale pour la mer et le littoral, Lutte contre le trafic des espèces menacées, Stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens…).