Par Jean-Philippe Grillet – La science ; la crise, les menaces, les conséquences ; les solutions, les actions. Comme l’indiquent ces mots-clefs de la table du livre, celui-ci passe en revue tout ce dont il serait indispensable de s’imprégner en matière de connaissance, de dégradation et de remèdes quant à la biodiversité de notre planète. Car sur Terre, nous sommes en colocation avec le reste du vivant, affirme l’auteur.
Son texte est très clair pour les lecteurs voulant comprendre et apprendre ; il fonctionne sous forme de questions et de réponses courtes, simples et pertinentes – près de quatre-vingts. Un des sujets essentiels est évidemment le changement climatique. Que le président du premier pays de la planète, s’exprimant devant l’assemblée générale de l’ONU, vient de qualifier de plus grosse escroquerie jamais organisée aux dépens du monde !
Il va de soi que ce livre propose une analyse différente et évidemment plus convaincante. Qui n’accuse pas, mais décortique les causes et les conséquences de ce changement, affirmant la responsabilité humaine et imaginant les évolutions indispensables de notre société.
Par exemple, la perte d’habitats est présentée comme cause de la crise de la biodiversité : elle est due, notamment, à l’industrie agricole ou minière et à la dégradation de la forêt (feux, déboisement, etc.). C’est ainsi qu’on déplore la disparition de 200 millions d’hectares de forêt naturelle en quarante ans tandis que 75% des zones humides ont disparu depuis la révolution industrielle. Outre la perte d’habitats et le changement climatique, trois autres causes de cette crise sont explicitées : les prélèvements (qu’il s’agisse de l’extraction du bois des forêts, qui a augmenté de 45% depuis 1970, ou des stocks de poissons qui sont en surpêche pour plus d’un tiers) ; les pollutions (plus de quatre millions de tonnes de pesticides sont rejetés dans le milieu naturel par an sur l’ensemble de la planète) ; le transport d’espèces exotiques hors de leur aire de répartition naturelle (37 000 espèces sont répertoriées en ce sens).
Dès lors comment agir ? La lecture attentive de cette troisième partie du livre est évidemment essentielle, bien qu’elle ne soit pas simple car les décisions à prendre relèvent de la vie personnelle de chacun d’entre nous. Et ce d’autant plus qu’à la dépolitisation nationale des grands enjeux environnementaux répond une prise de conscience des impacts locaux de la crise écologique (Stéphane Foucart, Le Monde, 28-29 septembre 2025).
Divers exemples sont proposés par l’auteur : consommer fruits et légumes en circuit court, de saison et bio, et moins de 20 kg de produits carnés bio par personne et par an ; gérer son jardin sans intrants de synthèse ; ne pas importer, détenir ni – pire – relâcher des animaux ou végétaux exotiques ; partager ces pratiques et les relayer dans sa sphère relationnelle.
Comme précédemment, que de questions et de propositions pertinentes concernant chaque citoyen, mais aussi la société toute entière, son organisation et sa gouvernance. Pourquoi ne pas mieux agir pour protéger celle que nous admirons et qui nous rend service, la biodiversité ?
Jean-Philippe Grillet
La biodiversité. Urgence planète, Philippe Grandcolas, éditions Tallandier, 2025, 315 pages, 21,90 €


