« Enseigner la nature aux enfants, clé pour le climat »

Photo wikipedia © Selbymay

1815
⏱ Lecture 2 mn.

Trois questions à Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Unesco.

AFP : quelle place pour l’environnement dans l’éducation ?

Audrey Azoulay : nos sociétés urbanisées ont perdu le contact avec la nature, et pas seulement dans les pays développés. Nous voulons pousser l’éducation à la planète dans les programmes éducatifs, depuis la maternelle jusqu’à l’université, car nous avons vu que cela a un impact important dans les pays, pour pousser les sociétés civiles à un prise de conscience et amorcer la modification profonde de nos modes de vie. Actuellement, l’enseignement au développement durable n’existe que dans 87 pays, et ne porte pas toujours précisément sur la nature. Nous voulons le généraliser, à tous les niveaux, y compris pour que les plus jeunes aient un contact direct avec la nature. C’est aussi à travers l’éducation que l’on peut prévenir les conflits que ces bouleversements ne manqueront pas de provoquer. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

AFP : que peut faire l’Unesco ?

Audrey Azoulay : avec le Japon, nous (avons organisé) dimanche à l’ONU une réunion sur le sujet. Nous pouvons fournir des ressources, comme des guides pour les enseignants, pour intégrer la nature dans les programmes. Car au-delà des programmes, cet effort doit être porté par les enseignants dans les écoles. Il faut donc les former. Nous inclurons aussi cette réflexion lors de la réunion internationale que l’UNESCO organise à New York mercredi sur le futur de l’éducation, avec la création d’une Commission présidée par la présidente de l’Ethiopie et rassemblant d’éminentes personnalités du monde entier. Il s’agit de réfléchir à la notion d’éducation (quel enseignement, comment enseigner) dans le monde de demain, marqué par des phénomènes majeurs comme le changement climatique ou la révolution technologique. Ce travail doit durer 18 mois, en coopération avec les gouvernements et les sociétés civiles. Nous avons enfin fait venir ici à l’ONU soixante jeunes du monde entier impliqués dans la défense des réserves de biosphère, avec Greta Thunberg.

AFP : pourquoi l’Unesco s’intéresse-t-elle au climat?

Audrey Azoulay : parce que notre rôle de défendre le patrimoine mondial inclut le patrimoine naturel. Ainsi nous défendons les réserves de biosphère, qui au total représentent une surface équivalente à la Chine, dont une dizaine en Amazonie qui couvrent un quart de la forêt amazonienne. Nous coopérons avec les Etats, notamment sur la recherche scientifique et en levant des fonds. Pour protéger ces réserves de biosphère, nous voulons lancer un plan massif pour aider les Etats à les préserver et à lutter contre l’artificialisation des sols, comme au Brésil, en Afrique centrale, en Indonésie et même en France. Ce travail se fait avec les Etats comme avec les communautés qui habitent sur ces territoires.

[/ihc-hide-content]