« Du 17 au 21 mai, ouvrez votre coin de nature ! »

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Trois questions à François Letourneux, Président de la Fête de la nature, l’événement annuel dédié à la nature.

ANES : La Fête de la nature a choisi pout thématique cette année « Les super-pouvoirs de la nature ». C’’est une drôle d’idée, non ?

François Letourneux : Nous vivons un moment bousculé, un moment où chacun s’interroge. Sur le changement global, et notamment climatique, sur notre manière de manger, sur les pesticides que nous ingérons. Or on constate qu’à côté des pauvres solutions humaines que nous appliquons aujourd’hui, souvent stupides, la nature propose d’autres solutions, intelligentes et protectrices du tissu vivant de la planète. Plutôt que de déverser des insecticides, on peut installer des nichoirs pour que les oiseaux mangent les insectes. Plutôt que de gazer la mouche de l’olivier, on peut utiliser des phéromones qui l’attirent et l’empêchent de se reproduire.

Et puis, il y a tout le champ du biomimétisme. Traduite en algorithmes, la façon dont les fourmis déterminent leurs itinéraires permet d’optimiser des tournées de livraisons, beaucoup mieux que les plus brillants de nos ingénieurs !

Et surtout, la nature est beaucoup plus douée que n’importe quel psychotrope pour donner du bonheur.

ANES : Qui peut organiser des manifestations pendant la Fête de la nature ?

François Letourneux : Vous, moi, tout le monde ! Bien sûr il y a les organismes publics, les associations, qui proposent chaque année plus de 5 000 sorties nature, toutes gratuites. Mais les entreprises, les collectivités territoriales, et tous les citoyens peuvent avoir envie de montrer ce qu’ils font de bien. Ce jour-là le jardinier municipal peut avoir envie de montrer son coin de jardin sauvage, derrière la remise où il range ses outils, avec son compost et ses deux ruches ! Ce que vous faites de bien sur votre balcon en ville, pendant la Fête de la nature montrez-le à vos voisins ! Le frein que nous rencontrons aujourd’hui, c’est que par définition les gens modestes sont rarement fiers. Mais pour nous, la Fête de la nature c’est une Nature Pride ! Soyons fiers de montrer nos coins de nature.

ANES : Comment la Fête de la nature doit-elle évoluer dans les années qui viennent, après onze ans d’existence ?

François Letourneux – J’aimerais que nous soyons plus performants sur le public des « privés de nature ». Nous avons un partenariat avec l’Administration pénitentiaire, qui permet à des détenus de sortir, avec leur famille, dans la nature pendant la durée de la Fête. Mais nous aimerions avancer avec d’autres partenaires, d’autres publics. Les Jardins de Cocagne, par exemple. Enfin, le paysage de la protection de la nature a connu cette année un important bouleversement, avec la création de l’Agence française de la biodiversité (AFB), dont nous nous réjouissons. Il est évident que nous l’accueillerons à bras ouverts ! L’AFB rassemble des institutions avec lesquelles nous travaillons depuis les origines de la Fête de la nature. Elle va permettre d’élargir le débat, d’approfondir les partenariats. Il ne serait pas imaginable que nous ne mettions pas en place une collaboration étroite !

Propos recueillis
par Jean-Jacques Fresko