A Chambord, une opération de panneautage traditionnel pour étudier les cervidés

Pexels de Pixabay

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Des cerfs dans les filets: grâce à la technique de capture ancestrale du panneautage, l’Office français de la biodiversité (OFB) étudie depuis une dizaine d’années les cervidés du Domaine national de Chambord pour évaluer notamment l’impact de la chasse et du réchauffement climatique sur les populations.

 De longs filets de plusieurs centaines de mètres, traditionnellement appelés des panneaux, sont tendus entre les arbres, sous l’oeil des gardes-forestiers de Chambord. Au loin des bruits troublent la forêt. Ce sont des bénévoles qui rabattent les animaux en direction des filets et qui les immobilisent, à l’image du petit groupe de pompiers venus d’Indre-et-Loire entre collègues.   Effrayés, sangliers et cervidés se prennent dans les filets. Si les suidés et les chevreuils sont immédiatement relâchés, les cerfs et biches sont capturés. Des bénévoles aguerris les saisissent, leur tendent les pattes pour éviter d’être blessé par une ruade, comme l’explique Xavier De Vergnette, une corde à la main.   « Cette corde est très importante. L’idée est de la délier le plus vite possible pour accrocher les membres des cervidés et pour pouvoir les immobiliser », détaille le bénévole. « Les antérieurs sont extrêmement dangereux avec leurs ongles. Ils ont une capacité de frappe très impressionnante et assez coupantes. (…) On accroche les membres et on les tient au sol. »

Deux kilomètres de filets

Maintenus au sol avec une serviette sur les yeux pour les calmer, les grands cervidés sont maintenant prêts pour l’étude.  « Là, on a capturé une biche avec son faon », montre Maryline Pellerin, qui supervise l’opération. Les agents posent une collier visible de loin, des bagues aux oreilles et une puce. La dentition de l’animal est examinée et des prélèvements de selles et de sang sont effectués.   « Cet animal sera épargné à la chasse. On veut suivre sa vie, connaître sa survie, connaître sa reproduction », raconte l’agente de l’OFB. « Ce sont des animaux très précieux pour le programme scientifique qui consiste à étudier l’impact de la chasse mais aussi des changements climatiques (…) sur le fonctionnement des populations de cerfs de Chambord. »  « Une fois qu’on les a pris dans les filets, la complexité, c’est aussi de les démêler très rapidement pour les mettre en sécurité (…) et ensuite faire le plus rapidement possible parce qu’on les anesthésie pas », explique la fonctionnaire.   « On préfère, pour le bien-être animal, agir très rapidement et les relâcher très rapidement dans leur milieu. Donc il faut que tout se fasse en silence pour gêner le moins possible l’animal, pour le stresser le moins possible. »  Au total, ce jour-là, une trentaine de cervidés sont tombés dans les panneaux. De quoi satisfaire Nicolas Bon, garde-forestier au Domaine national.  « Aujourd’hui, on a capturé des animaux sur 250 hectares, donc on avait deux kilomètres de filets », résume-t-il. « C’est un vrai savoir-faire, autant dans la préparation que dans la mise en place et le maniement des animaux. C’est vraiment inhérent à Chambord, de capturer les animaux de cette façon-là. »