Migration des baleines : pour mettre bas ? Non, pour muer ! (2 mn)

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Une nouvelle hypothèse sur les migrations des baleines a vu le jour : elles gagneraient les eaux chaudes pour muer plus facilement.

Des scientifiques l’affirment dans une nouvelle étude : les baleines effectueraient leurs migrations annuelles pour conserver une peau saine, tout comme certaines personnes traversent les océans pour aller chercher des eaux chaudes et curatives dans des stations thermales ou balnéaires. Les baleines à bosse, les baleines bleues, les cachalots ou encore les orques parcourent jusqu’à 18 840 kilomètres chaque année entre leurs aires d’alimentation dans les eaux polaires et les mers tropicales plus chaudes. Les chercheurs pensaient qu’après s’être nourries dans l’Arctique ou l’Antarctique, les baleines se rendaient sous les tropiques pour mettre bas loin de leurs prédateurs habituels. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Pour découvrir la véritable raison de ces migrations, une équipe dirigée par Robert Pitman, écologiste marin à l’Institut des mammifères marins de l’Université de l’Oregon, a déployé 62 balises GPS sur les quatre types d’orques qui peuplent les eaux antarctiques. Après les avoir suivies pendant huit étés australs, les scientifiques ont découvert que certaines d’entre elles avaient parcouru 9 400 kilomètres jusqu’à l’ouest de l’océan Atlantique Sud, faisant l’aller-retour en 42 jours seulement. Mais elles ne l’ont pas fait pour mettre bas : Les photos prises par l’équipe ont révélé des nouveau-nés dans les eaux de l’Antarctique.

Les chercheurs savaient également que les baleines, comme les humains, perdent continuellement des cellules de l’épiderme. Mais dans les mers froides de l’Antarctique, elles sont apparemment incapables de muer. Au lieu de cela, une épaisse pellicule jaune de diatomées microscopiques se forme sur leur peau. Cette observation a conduit certains chercheurs de l’équipe à proposer une autre explication : pour conserver leur chaleur corporelle dans les eaux froides, elles détourneraient le flux sanguin de leur peau, provoquant un ralentissement de la régénération des cellules et la création de la pellicule jaune. Or de fortes concentrations de diatomées peuvent accumuler des bactéries potentiellement nocives, avec des effets néfastes pour les orques. C’est pourquoi elles migreraient vers des eaux plus chaudes, où leur métabolisme – et probablement leur mue – s’accélère.

La nouvelle étude suggère que non seulement les orques, mais toutes les baleines migreraient ainsi pour muer. Si la communauté scientifique a fait les louanges de cette hypothèse, elle doute que l’idée s’applique à toutes les espèces de baleines, arguant que les orques et les cétacés à fanons sont des animaux très différents, pas forcément régis par les mêmes processus écologiques. Ainsi les baleineaux à fanons nouveau-nés sont très vulnérables aux orques, donc pour eux, le coût d’être mangé est beaucoup plus élevé que le coût de muer dans des eaux froides…

L’étude

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