🔻 Méditerranée : alerte au crabe bleu

Formation OFB/UICN©JBPouchain

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Depuis 2017, le crabe bleu est de plus en plus présent sur les côtes françaises de Méditerranée. Pour étudier son cycle biologique et limiter son expansion, le Parc naturel marin du golfe du Lion a mis en place un suivi de cette espèce non indigène. L’OFB et l’UICN organisaient de leur côté une formation sur les Espèces non indigènes (ENI) marines sur les bords de l’étang de Thau.

 Originaire d’Amérique et introduit par l’intermédiaire du trafic maritime (eaux de ballast, biofouling), le crabe bleu (Callinectes sapidus) prolifère en Méditerranée depuis quelques années. Signalé en PACA dès les années 1960, l’espèce est aujourd’hui largement présente sur le littoral méditerranéen, particulièrement au niveau de ses lagunes et étangs (étang de Thau, étang de Berre, Canet-Saint-Nazaire, Corse,…)

Depuis 2017, les observations de cette espèce se multiplient notamment sur les côtes du golfe du Lion grâce aux retours des fiches de signalement proposés par le Parc naturel marin du golfe du Lion. Omnivore, capable de s’adapter rapidement à différents milieux marins et estuariens ainsi que très bon reproducteur, ce crustacé pourrait avoir un impact considérable sur les espèces locales, les habitats et la pêche. En effet, il se nourrit de moules, huitres et poissons juvéniles présents dans son environnement et coupe les filets des pêcheurs grâce à ces grandes pinces bleues.

Afin d’améliorer les connaissances sur son cycle biologique, ses zones de concentration et sa saisonnalité, le Parc naturel marin du golfe du Lion teste depuis 2019 un protocole de suivi de l’espèce par capture (piégeages par casier) en mobilisant les pêcheurs et ostréiculteurs. L’objectif de ce protocole est d’optimiser sa capture pour limiter son expansion. Le Parc aide également les pêcheurs locaux à mieux connaître les méthodes de gestion dans les pays où le crustacé est déjà fortement présent (Espagne et Tunisie). L’enjeu vise aussi à faciliter sa commercialisation sans pour autant pérenniser une filière d’exploitation qui viserait à gérer cette espèce d’une manière durable dans le milieu alors même que les impacts potentiels qu’il pourrait engendrer sur les écosystèmes peuvent être très importants.

Le crabe bleu, qui prolifère dans l’étang de Thau, était par ailleurs la star d’un cycle de formation organisé par l’Office français de la biodiversité (OFB) avec le Comité français de l’UICN. Objectifs : acquérir les notions fondamentales sur les espèces non indigènes (ENI) marines (définitions, processus, impacts, etc.) ; connaître la réglementation relative aux ENI (règlement européen, DCSMM, conventions BWM et mers régionales) et les outils de politiques publiques existants (stratégies de façade, stratégie nationale relative aux EEE, etc.) ; partager et échanger sur la prévention et la surveillance des ENI à partir de retours d’expériences de gestion et d’étude de cas ; enfin disposer d’un aperçu des différents acteurs et réseaux d’acteurs existants aux échelles nationales et territoriales sur les ENI.