🔻 Étude : Quels facteurs limitent de manière critique le niveau de protection sur les îles

Photo d'illustration ©-clariston-de-Pixabay

1622
⏱ Lecture 2 mn.

Une étude parue dans la revue Nature Communications analyse la fragilité des écosystèmes insulaires et détaille les efforts de protection à mettre en place. Les résultats montrent que 50% des 2323 îles étudiées n’ont aucune aire protégée.

De nombreuses îles ont une forte biodiversité mais sont aussi des épicentres d’extinction. Ce sont les écosystèmes les plus vulnérables en termes de perte d’espèces endémique selon le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Dans une étude publiée par Nature Communications, des chercheurs ont constitué une base de données mondiale de 2323 îles habitées. Leurs résultats montrent que 50% de ces îles n’ont aucune aire protégée en raison à la fois du climat, de la diversité culturelle, de la densité humaine et du niveau de développement.

Les aires protégées (AP) sont des dispositifs majeurs de protection de le biodiversité. Outre des liens culturels forts avec la nature, les habitants des îles tirent de cette biodiversité une part importante de leur économie et de leur bien-être général. Les îles sont donc considérées comme les socio-écosystèmes les plus vulnérables à la perte d’espèces et d’habitats. Pourtant à ce jour, l’étendue de la protection des écosystèmes insulaires à l’échelle de la planète reste inconnue. L’étude évalue alors l’influence relative du climat, de la géographie, de la diversité des habitats, de la culture, de la capacité des ressources et de l’empreinte humaine sur la couverture des zones protégées terrestres et marines dans les 2323 îles habitées du monde.

Pour chacune des 2323 îles recensées, les chercheurs ont estimé l’étendue mondiale et l’hétérogénéité de la couverture des AP terrestres et marines sur les îles, la proportion d’îles ayant une présence d’AP et la proportion d’îles qui atteignent actuellement 30% d’aires protégées. Il s’avère que les îles sont plus couvertes par les AP que la couverture globale de la planète mais qu’il y a cependant une grande hétérogénéité. Si en moyenne 22% des surfaces terrestres et 13% des aires marines insulaires sont protégées, la moitié des îles recensées ne disposent d’aucune AP. Le climat, la diversité des langues, la densité de population humaine et le développement sont fortement associés aux différences observées dans la couverture des zones protégées entre les îles. Les recherches suggèrent que le développement économique et la croissance démographique peuvent limiter de manière critique le niveau de protection sur les îles. Les travaux réalisés vont servir à étudier cette hétérogénéité notamment pour identifier et analyser les socio-écosystèmes insulaires qui présentent des meilleures ou moins bonnes performances par rapport aux attendus du modèle. La diversité culturelle aurait une relation positive avec le niveau d’effort de protection des territoires insulaires terrestres et marins.

Lire l’étude