Non pas une, mais quatre lignées d’hippocampes mouchetés ! (1 min 30)

Photo © Marco Busdraghi

1374
⏱ Lecture 2 mn.

Une nouvelle étude dévoile une subdivision de l’hippocampe moucheté en quatre lignées génétiques partiellement isolées, bien que morphologiquement indissociables.

Les lignées d’espèces dites « cryptiques » désignent des lignée d’espèces en cours de spéciation, souvent semblables morphologiquement et n’ayant pas acquis d’isolement reproductif et génétique complet. Une étude génétique menée par une équipe de l’Institut de Sciences de l’Evolution de Montpellier (ISEM – CNRS) sur l’hippocampe moucheté (hippocampus guttulatus), l’une des deux espèces d’hippocampes qui peuple les côtes européennes, a révélé l’existence de quatre lignées cryptique de l’espèce, partiellement isolées et morphologique ment indissociables, nécessitant chacune un statut de conservation indépendant. Selon les scientifiques, Il existe deux processus de spéciation dans la nature : pour l’une, l’isolement géographique a une importance capitale pour faciliter l’évolution de l’isolement reproductif. « Les lignées en cours de spéciation sont structurées spatialement avec peu de chevauchement des aires de distributions », précise le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dans un communiqué. C’est le cas des hippocampes mouchetés de la façade Atlantique, où l’on trouve une lignée au nord et une autre au sud du Pays Basque, où elles coexistent en s’hybridant occasionnellement. L’autre spéciation possible « est essentiellement la continuation du processus darwinien d’adaptation à un environnement changeant, résume le CNRS. On parle de spéciation écologique et les écotypes en cours de spéciation occupent des habitats différents auxquels ils présentent des adaptations spécifiques. » C’est le cas des deux lignées d’hippocampes mouchetés de la mer Méditerranée, associées à des habitats contrastés, l’un marin et l’autre lagunaire (étang de Thau). Pour la première fois, « Chez l’hippocampe moucheté, les deux types de spéciation, écologique et géographique, semblent s’être produites dans le même système. » De plus, une même région chromosomique est impliquée dans la divergence entre lignées aussi bien Méditerranéenne qu’Atlantique. « Pourtant les lignées atlantiques peuplent indifféremment mer et lagunes, note le communiqué. Cette portion de chromosome pourrait donc contenir à elle seule des gènes responsables de l’isolement reproductif dans deux contextes éco-géographiques très différents. » Un parallélisme génétique qui suggère « d’une part une histoire commune entre l’hippocampe des lagunes méditerranéennes et l’hippocampe d’Atlantique nord, et d’autre part des effets de couplages entre adaptation à l’environnement et l’isolement reproductif. »

Lire l’étude