Tous en ville ! (et vivement 2100…) (2 mn 30)

Photo © christian hardi de Pixabay

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Bonne nouvelle : la biodiversité pourrait être sauvée par l’urbanisation de l’humanité. Mauvaise nouvelle : pas d’amélioration en vue avant 2100…

L’évolution de la démographie humaine et des consommations va conduire à un déclin majeur de la biodiversité d’ici 2050, rejoignant ainsi beaucoup de scénarios actuels dont ceux figurés dans le rapport de l’Ipbes  (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), mais la tendance croissante à l’urbanisation de la planète va conduire, par des processus multiples, à une stabilisation et même une décroissance de la démographie humaine, et l’efficacité environnementale plus grande des villes aura un impact positif sur l’environnement et permettra à terme le rétablissement de la biodiversité. C’est la thèse –hardie, mais très rigoureusement étayée- que défendent trois chercheurs américains dans un article publié dans la revue BioScience, et dont la Fondation pour la recherche sur la biodiversité vient de publier une synthèse en français (rédigée par Jean-François Silvain et Hélène Soubelet). [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Pour les trois auteurs, d’ici 100 ans, les tendances de développement montrent que l’essentiel de l’humanité vivra dans les villes et les agglomérations dans une économie de marché interconnectée et fondée sur la technologie. Un des scénarios crédibles est que la population humaine stagne ou diminue aux environs de 6 à 8 milliards de per- sonnes et que leur concentration dans les villes entrainera des changements socio- environnementaux important, et notamment la diminution de l’extrême pauvreté, une meilleure maîtrise de la fécondité et une évolution des modes de vie et de pensée. Le modèle quantitatif développé dans l’étude montre tout d’abord des impacts négatifs sur la biodiversité, entrainés par ces changements, puis une inversion de la tendance avec des impacts positifs sur l’environnement. Ainsi, bien qu’il soit parfaitement clair que les impacts environnementaux augmentent au fur et à mesure que les sociétés traversent la transition démographique et s’urbanisent, la transition en cours de la fécondité et la réduction de la pauvreté résultant de l’urbanisation suggèrent la perspective d’une stabilisation éventuelle et d’une réduction à long terme des impacts globaux sur l’environnement.

L’intérêt majeur de ce travail est de prendre en compte des données démographiques, économiques, sociales, voire anthropologiques pour évaluer l’impact de l’humanité sur les écosystèmes. Et de tenter une projection à plus long terme que la quasi-totalité des études qui portent sur l’avenir de la biodiversité. Une majorité de projections ne vont pas au-delà de 2050, et si les phénomènes démographiques et économiques discutés dans cet article se produisent, cela signifie que la conservation est confrontée à 30 à 50 années de difficultés extrêmes, au cours desquelles de nouvelles pertes de biodiversité peuvent être attendues. Les processus démographiques sous-jacents, bien que majeurs, évoluent lentement par rapport aux cycles de gouvernement, de financement ou de carrières dans la conservation. Pour percevoir clairement ces tendances il faut s’inscrire dans une perspective historique qui est difficile à adopter si l’on se concentre sur les menaces immédiates et si on est obsédé par des avenirs apocalyptiques. Si l’humanité réussit à préserver suffisamment la nature pendant la période de goulet d’étranglement – malgré le changement climatique, la croissance de la population et de l’économie et l’expansion urbaine – il est possible d’envisager l’avenir de la nature de manière nettement plus positive.

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