Les biomédias s’échouent par millions sur le littoral

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L’association de protection des océans Surfrider Foundation Europe a publié une étude concernant la pollution des plages et des cours d’eau par des supports de prolifération bactériologique utilisés dans le traitement des eaux usées : les biomédias.

Les biomédias sont des petits cylindres de plastique présents par centaines de milliers dans les bassins de traitement biologique des stations d’épuration. Ils servent de supports permettant aux bactéries, utilisées pour le traitement des eaux usées de se fixer et de proliférer. Lorsque, suite à des défaillances de stations d’épuration, des biomédias sont répandus dans l’environnement, ils se diffusent, d’abord en eaux douces, puis en mer. Une partie d’entre eux revient s’échouer sur les côtes, parfois à plusieurs milliers de kilomètres de leur lieu d’origine. Depuis 2008, l’échouage d’un grand nombre de biomédias a été observé sur les littoraux français et notamment sur les plages du Golfe de Gascogne. En effet la côte Aquitaine, de par les courants marins qui la touchent, constitue une zone d’échouage majeure L’association Surfrider Foundation Europe a donc entrepris un suivi de l’évolution de la pollution par les biomédias, aussi bien sur le bassin Adour-Garonne qu’au niveau européen. Elle rapporte dans son étude que, depuis 2007, sur la dizaine de pollutions majeures observées en Europe, « aucune n’a fait l’objet d’alerte efficace de la part des gestionnaires des stations d’épuration, conduisant de ce fait à une diffusion massive des biomédias dans l’environnement. »

Surfrider a analysé les différents dysfonctionnements possibles des stations d’épuration et livre un ensemble de préconisations pour limiter la pollution par biomédias. Ainsi, afin d’empêcher les biomédias de sortir d’une station, celle-ci doit par exemple veiller à étanchéifier l’ensemble des conduites, sécuriser les parois extérieures du réservoir à l’aide d’une grille métallique posée sur le pourtour du bassin, et détecter rapidement les anomalies à l’aide d’équipements de contrôle automatisés. Les biomédias doivent être transportés dans des contenants fermés pour éviter des pertes pendant les manœuvres de chargement et de déchargement. La mise en eau des bassins de traitement biologique doit respecter les préconisations du constructeur, afin d’éviter un lessivage des biomédias en surface provoqué par une agitation trop importante. Séparer les eaux de pluies des eaux usées domestiques permettra d’éviter les surcharges d’effluents arrivant à la station d’épuration, notamment lors d’épisodes orageux, et ainsi de limiter les risques de débordement par trop-plein. Informer le personnel, apprendre à bien gérer un incident, communiquer avec des experts référents, mais aussi condamner les responsables d’un rejet identifié avec certitude, sont autant d’autres moyens de prévenir la pollution par biomédias.

L’association conclue son rapport en indiquant que, pour prévenir la pollution par biomédias, « il est essentiel d’agir à la source, dès la phase d’utilisation des biomédias. Pour cela, une bonne prise en compte des risques environnementaux liés à l’utilisation de biomédias, dès la création des bassins d’assainissement, est primordiale. Cela passe avant tout par une sensibilisation, notamment des exploitants de stations d’épuration pour qui l’impact des pollutions par les biomédias ne doit pas être négligé du fait de leur coût et du risque encouru par les opérateurs en cas de pollution caractérisée dont il serait reconnu responsable. »

Le rapport