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Dans un contexte de forte vigilance face à la grippe aviaire, l’Inra et ses partenaires étudient le virus afin d’en comprendre les mutations, et ses interactions avec la faune sauvage.

Alors que plusieurs cas d’oiseaux contaminés par la grippe aviaire ont été déclarés parmi la faune sauvage d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suisse et du Royaume-Uni depuis le début de l’année, et que la préfecture des Deux-Sèvres a remis en place, jusqu’au 15 mars, les mesures de dépistage des palmipèdes avant mouvement, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), en partenariat avec l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), mène plusieurs recherches de front destinées à comprendre les mutations du virus aviaire et le rôle de la faune sauvage, afin d’en limiter la propagation. Ces efforts en matière de biosécurité s’accompagnent de protocoles de manipulation et d’outils d’analyse novateurs, comme l’explique l’Inra dans un court reportage vidéo. Ainsi, les échantillons de virus récoltés étant généralement en concentration trop faible pour être étudiés, les scientifiques ont appris à amplifier leur signal en répliquant le virus dans des œufs de poulets embryonnés. Ils infectent les œufs avec une solution de virus faiblement concentrée, qui deviendra beaucoup plus élevée après trois jours d’incubation.

Mais ces travaux académiques, qui sont des recherches de fond se déroulant sur plusieurs années, ne répondent pas aux attentes des professionnels à très court termes sur les enjeux de biosécurité. Ainsi, une chaire de biosécurité aviaire, créée en 2016 à l’ENVT, offre un accompagnement scientifique aux filières avec l’aide de multiples partenaires : l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Institut technique de l’aviculture (Itavi) ou encore l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). C’est notamment avec cette dernière qu’elle répond aux questions pratiques concernant les risques associés la faune sauvage. « Nous avons contribué à relativiser les risques liés à la faune sauvage, explique Jean-Luc Guérin, responsable de l’équipe Virologie de l’Unité mixte de recherche Inra–ENVT. En 2016, la souche H5N8 a effectivement été introduite sur le territoire par la faune sauvage mais le risque d’introduction dans les élevages reste modéré car, en réalité, très peu d’oiseaux sont porteurs de virus grippaux : ils peuvent jouer un rôle dans la création de foyers ponctuels certes, mais pas dans la diffusion à grande échelle du virus ».