Nouveau recours contre la ligne à grande vitesse Toulouse-Bordeaux

Erich Westendarp de Pixabay

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Erich Westendarp de Pixabay
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La justice administrative rendra « dans un délai de huit jours » sa décision concernant le nouveau recours, examiné lundi, d’opposants au chantier de la ligne à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux, qui dénoncent des risques environnementaux dans l’agglomération toulousaine.

Inquiets de possibles atteintes à l’environnement et pollution de l’eau, ces militants écologistes ont demandé au tribunal administratif de Toulouse de suspendre les travaux entre la gare Matabiau, dans le centre de la Ville rose, et la commune de Saint-Jory, une vingtaine de kilomètres plus loin.

Une des avocates des opposants à la LGV, Anne-Sophie Barrère, a notamment estimé à l’audience que la construction prévue de voies supplémentaires, qu’elle a qualifiée de « destructrice de biodiversité », menaçait des espèces protégées dont certains oiseaux, insectes ou encore chauves-souris.

Or, « il est possible de faire circuler tous les trains prévus sur l’infrastructure existante » après avoir « modernisé les voies », a noté Me Barrère au nom des Amis de la Terre.

En revanche, pour une avocate de SNCF Réseau, Pascale Pessoa, la construction de nouvelles voies « est reconnue nécessaire par les études réalisées depuis un certain temps ».

Certaines propositions alternatives des opposants pourraient en outre, selon Me Pessoa, avoir « des conséquences environnementales bien plus importantes » que ce que prévoit le projet actuel.

L’avocate a aussi noté que, contrairement à ce qu’affirment les opposants, l’Agence régionale de santé (ARS) a bien été consultée sur un éventuel risque de pollution de l’eau dans le point de captage de Saint-Jory.

Cette LGV, dont la construction a débuté en mai 2024, doit notamment relier en 2032 Toulouse à Paris en 3 heures et 10 minutes, gagnant plus d’une heure sur le temps de voyage actuel.

Le 9 septembre, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), saisi d’une demande d’autorisation environnementale, a rendu un avis défavorable dans le volet touchant à la préservation des espèces, estimant que les garanties apportées n’étaient suffisantes. Il s’agit d’un avis consultatif. Le démarrage des investigations préalables à la construction de la LGV est prévu pour février 2026.

Concernant le financement de la LGV, plusieurs collectivités du Sud-Ouest, inquiètes d’un éventuel abandon du projet sur fond de rigueur budgétaire, ont appelé fin juillet l’Etat à tenir « ses engagements ».

De son côté, le tribunal administratif de Toulouse a validé le 25 juillet le plan de financement du projet de LGV devant relier notamment Bordeaux à Toulouse et Dax, rejetant les recours d’associations écologistes et d’élus d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine.