🔻 Brucellose : la justice suspend l’abattage de bouquetins non testés en Haute-Savoie

Photo d'illustration © FelixMittermeier de Pixabay

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L’abattage de bouquetins non testés, autorisé dans le massif du Bargy (Haute-Savoie) dans le cadre du plan de lutte contre la brucellose, maladie infectieuse redoutée des éleveurs, a été suspendu par le tribunal administratif de Grenoble.

L’épizootie de brucellose a été découverte dans le massif du Bargy en 2012, à l’occasion de deux cas humains diagnostiqués après avoir mangé du fromage blanc caillé contaminé, permettant de remonter, par recoupement des souches bactériennes, à l’élevage bovin touché et à des bouquetins infectés. Cette résurgence de la brucellose – le dernier foyer en Haute-Savoie datait de 1999 – avait entraîné des mesures d’abattage, dites « prélèvements« , décriées par les écologistes, et des captures-tests des bouquetins, avec relâchage et marquage quand ils étaient sains, puis euthanasie quand ils étaient infectés. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ].

Le 29 mai dernier, un arrêté de la préfecture avait obtenu dérogation du ministère de la Transition écologique et solidaire autorisant, pendant trois ans, la capture de 50 individus par an de cette espèce protégée, afin de les tester, mais aussi l’abattage de 20 autres, sans obligation de justifier d’examen préalable, car prélevés « en zone coeur du massif de Bargy (…) où la prévalence demeure la plus forte et stable depuis 2016« . Elle avait alors expliqué vouloir « protéger l’économie agricole des alpages de Haute-Savoie » contre une « recirculation récente de la bactérie« .

Dans son ordonnance du 20 août 2020, que l’AFP a pu consulter mardi, le tribunal a considéré que la préfecture n’avait pas fourni la preuve nécessaire qu’il n’existait pas « d’autre solution satisfaisante » que cet abattage sans test, pour contenir la circulation de la bactérie. « L’absence de vérification préalable de l’infection éventuelle des individus implique nécessairement un risque important d’abattage d’animaux sains« , a-t-il aussi justifié. Dans ce cadre, il a ordonné la suspension de « l’abattage de 20 bouquetins sans vérification d’une infection à la brucellose de ces animaux (…) jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond« .

Selon l’association de défense des animaux Animal Cross, à l’origine du référé, « des solutions plus efficaces existent« , comme « la ségrégation spatiale des animaux » pour éviter des zones de pâturage communes entre cheptels d’éleveurs et bouquetins. Le jugement sur le fond est attendu dans quelques mois.

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