Un OFB en manque de moyens et sous la tutelle de l’Agriculture ? (2 mn 30)

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C’est la crainte des syndicats et des ONG, alors que le projet de décret relatif à la création de l’Office français de la biodiversité (OFB) prévoit une double tutelle des ministres de l’Agriculture et de l’Environnement

Examiné au cours du Comité technique ministériel (ministère de l’écologie) du 14 octobre, le projet de décret relatif à la création de l’Office français de la biodiversité a reçu un accueil glacial de la part des syndicats, qui l’ont rejeté à l’unanimité (FSU, UNSA, GCT, FO, abstention de la CFDT).

Parmi les points de crispation, l’article 2 qui indique que « l’Office français de la biodiversité (…) est placé sous la tutelle conjointe du ministre chargé de l’environnement et du ministre chargé de l’agriculture ». Aujourd’hui, l’Agence française pour la biodiversité, l’une des deux composantes du futur OFB, dépend uniquement du ministre chargé de l’environnement, tandis que l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), l’autre pilier du futur Office, est déjà placé sous la double tutelle. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

« La double tutelle du ministère en charge de l’Agriculture n’apporte aucune plus-value pour les missions de l’Office, ni aucun complément de moyens humains ou financiers. Elle ne ferait que compliquer et retarder inutilement les prises de décisions sur la stratégie et les actions de l’Office. Elle est aussi susceptible de favoriser la pression des lobbies de l’agriculture intensive, des industries agroalimentaires et de la pêche industrielle. La tutelle unique du ministère en charge de l’Environnement, comme c’est le cas à l’Agence française pour la biodiversité, est donc préférable ».

Les syndicats se sont aussi émus de la faiblesse des moyens alloués à l’OFB, et plus précisément des baisses d’effectifs : « Les réductions d’effectifs annoncées sont un frein évident à l’atteinte des objectifs et au bon fonctionnement de l’établissement ainsi qu’un manque d’ambitions pour l’OFB contrairement aux discours de la Ministre de l’écologie qui, dans le cadre du projet de loi de finance 2020, se félicite d’avoir obtenu des moyens en hausse pour renforcer l’ensemble des politiques publiques et soutenir la transition écologique », indique notamment la CFDT. Pour la FSU, « Depuis 2017, l’effectif reconstitué de l’OFB a diminué de 5% [c’est-à-dire le total des effectifs des structures qui constitueront demain l’Office], le schéma d’emploi s’appliquant implacablement malgré le projet de création de l’OFB, un plan national pour la biodiversité bourré d’ambition et l’urgence décrétée par le gouvernement à lutter contre l’érosion de la biodiversité.

Alors comment ne pas être désabusé quand la ministre annonce comme une grande victoire le gel des suppressions de poste en 2020, avant que celles-ci ne recommencent de plus belles en 2022 ? »

De fait, le ministère de la transition écologique est l’un des plus touchés par les réductions d’effectifs, ce qui complique la tâche des agents sur le terrain. Ainsi, le parc national des Ecrins a perdu 21 % de son effectif en 10 ans (de 108 à 85 postes.). Les créations de nouveaux parcs nationaux se font à effectifs constants, c’est-à-dire en prélevant des postes sur les parcs existants pour les affecter aux nouveaux. Ce fut le cas pour la création du parc national des Calanques, ce le sera aussi pour le parc des Forêts de Champagne et Bourgogne, même si la ministre s’est engagée à réduire le nombre de ces prélèvements de 40 à 10.

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