Premier conseil de défense écologique le 23 mai à l’Elysée (1 mn 30)

Photo © Celestin Goldrstein

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Le conseil de défense écologique, créé par Emmanuel Macron, s’occupera de la lutte contre le réchauffement climatique, de la protection des milieux et ressources naturelles et de la préservation de la biodiversité.

Le premier conseil de défense écologique (CDE), dont la création a été annoncée par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse du 25 avril, se tiendra le 23 mai à l’Elysée. Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a présenté en conseil des ministres le décret sur la création de cette instance qui « réunira régulièrement les ministres et les opérateurs de l’État mobilisés » sur les dossiers de la lutte contre le réchauffement climatique, de la protection des milieux et ressources naturelles et de la préservation de la biodiversité, a-t-elle précisé. Y participeront notamment le président, le Premier ministre, M. de Rugy et les ministres de l’Economie, du Budget, des Affaires étrangères, de l’Agriculture, des Collectivités territoriales, de la Santé, du Logement et des Outre-mer. Le Conseil pourra aussi réunir, sur convocation du Président, les ministres chargés de l’Energie, des Transports, de la Mer, de l’Industrie, de la Recherche et du Travail « pour les questions relevant de leur responsabilité« . Ils pourront être rejoints, au moins une fois par an, par les membres du Haut conseil pour le climat, une instance indépendante créée en novembre 2018 composée d’experts scientifiques. Ce conseil « fixera les priorités dans ces domaines, s’assurera de leur prise en compte dans l’action de la politique du gouvernement et du suivi de leur mise en oeuvre« , selon le communiqué du conseil des ministres.

Après la réunion de jeudi, Edouard Philippe et le ministre de la Transition écologique François de Rugy donneront une conférence de presse consacrée aux mesures décidées. Notamment le projet contesté de Montagne d’Or, mine d’or à ciel ouvert envisagée en Guyane qu’Emmanuel Macron a jugé début mai « pas compatible » avec des ambitions écologiques. Le CDE devrait ainsi annoncer une prochaine réforme du Code minier imposant désormais des contraintes environnementales aux projets miniers tels que Montagne d’Or. « Ce sera alors au porteur du projet de dire s’il souhaite maintenir son projet ou pas« , explique la présidence. Une série d’autres sujets seront sur la table, comme le renforcement des aires naturelles protégées, piste évoquée par le chef de l’Etat après sa rencontre avec les experts biodiversité de l’ONU début mai. Le Conseil pourrait aussi proposer de freiner l’artificialisation des sols, pour enrayer la diminution des terres agricoles au profit de lotissements, fixer de nouveaux objectifs de recyclage du plastique ou préciser la future loi sur l’économie circulaire, attendue début juillet en conseil des ministres. Il pourrait également proposer un plan pour accélérer la rénovation thermique des logements via de nouvelles incitations, afin de compléter des dispositifs encore peu utilisés. Le CDE devra aussi faire le bilan du plan climat adopté en juillet 2017 et du plan biodoversité adopté en juillet 2018 et plus globalement assurer le suivi des programmes « verts » déjà annoncés, comme le plan vélo et le forfait mobilité prévus dans la loi mobilité. Cet organisme se réunira de nouveau avant la mi-juillet puis ensuite à « un rythme assez soutenu« , mais sans périodicité fixe. Les écologistes ont accusé Emmanuel Macron de jouer l’opportunisme politique en lançant ce nouveau conseil trois jours avant les élections. « L’écologie, ça ne peut pas être qu’un discours face à l’urgence, ça ne peut pas être qu’une promesse, qu’un opportunisme électoral quelques jours avant une élection, l’écologie ça doit être de l’action« , a déclaré mercredi Yannick Jadot, tête de liste EELV. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a répondu mercredi qu’il « n’aurait pas été admissible que nous tardions, alors que le président de la République nous a engagés à ce que les annonces effectuées à l’issue du grand débat puissent se mettre en oeuvre rapidement« . Le gouvernement compte aussi mettre en place dès juin la « convention citoyenne » composée de 150 personnes tirées au sort qui devront faire des propositions sur la transition écologique. Ses travaux dureront six mois, à raison d’un week-end travaillé sur trois, pour proposer « un paquet de mesures » pour réduire les émissions.