Pas d’hélico avec les gypaètes barbus ! (1 min)

Photo © Rainer Bleek via Unsplash

2010
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Grâce à un recours déposé entre autres par la LPO, la justice a ordonné la suspension d’un arrêté autorisant un survol à basse altitude d’une zone fréquentée par des gypaètes barbus.

Un peu de répit pour les gypaètes barbus : alors que la Préfète de l’Ariège avait, dans son arrêté du 14 septembre 2018, autorisé la société Variscan Mines SAS à effectuer des travaux de « mise en sécurité » dans le cadre du projet de réouverture de l’ancienne mine de tungstène de Salau, fermée en 1986 et objet de nombreuses publications faisant état de la présence d’amiante, le tribunal administratif de Toulouse vient d’ordonner la suspension de l’arrêté préfectoral. La société avait en effet déposé une demande de survol en hélicoptère du secteur à très basse altitude du 18 au 31 octobre 2018 à raison de 5 à 6 heures par jour en lignes espacées de 40 m, afin d’y effectuer des mesures d’électromagnétisme. « Or, ce site classé Natura 2000 abrite de nombreuses espèces rares et menacées, dont le Gypaète barbu », réagit la Ligue pour la Protection des oiseaux (LPO) dans un communiqué. Selon une étude scientifique à laquelle l’association a contribué, « les survols d’hélicoptères sont l’un des principaux facteurs d’échec de la reproduction de ce vautour qui en octobre a déjà débuté son cycle de reproduction (parade). » Selon les relevés de 2017, le département de l’Ariège accueillait 9 couples de gypaètes barbus, négligés dans la demande déposée par Variscan Mines. Pour obtenir la suspension en urgence de l’arrêté de la Préfète de l’Ariège, la LPO s’était jointe au recours déposé le 15 octobre par le Comité Ecologique Ariégeois et la commune de Couflens. « Le Tribunal administratif de Toulouse a examiné la requête dès le 19 octobre et ordonné la suspension de l’exécution de l’arrêté préfectoral en relevant l’absence d’évaluation des incidences malgré le risque d’atteinte significative aux objectifs de conservation du site Natura 2000, indique la LPO. Les survols n’ont ainsi pas eu lieu. »