FNSEA : 36 solutions pour se débarrasser des pesticides (2 min 30)

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Trente-neuf organisations agricoles menées par la FNSEA ont présenté mercredi 11 juillet 36 solutions concrètes pour réduire l’usage des produits phytosanitaires dans le cadre d’un « contrat de solutions », en réflexion depuis un an.

Face à la demande sociétale de réduction des usages de pesticides, le monde agricole tente d’élaborer des solutions répondant à ces attentes tout en garantissant la rentabilité et la compétitivité des exploitations agricoles. « Nous réussirons si le déploiement est massif, si ce ne sont pas seulement les pionniers mais l’ensemble des agriculteurs qui déploient ces solutions. C’est un gage de résultat », a souligné la présidente de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) Christiane Lambert lors d’une conférence de presse. Trente-neuf organisations agricoles, parmi lesquelles la France agricole, la Ferme France ou encore l’Institut technique de la betterave, ont élaboré pendant 8 mois un contrat de solutions pour lutter contre les maladies ou les ravageurs pour les pommes de terre, la lavande, le basilic ou encore le tournesol. Décalage de la date des semis, inclusion de la faune auxiliaire pour réguler les bio-agresseurs, ou bien meilleur choix des variétés résistantes aux maladies font partie de ces solutions. Un tel travail de mutualisation entre organismes de recherche, syndicats, institut techniques et interprofessions est une première, a précisé Christiane Lambert. Tous les aspects de la problématique ont été traités, des bénéfices environnementaux à la compétitivité des exploitations, en passant par les conséquences sur le temps de travail. Une fiche a été produite pour chaque solution, qui estime les coûts et les gains pour les agriculteurs, mais aussi les freins à lever, les conditions de réussite et les acteurs à mobiliser. La France agricole a rappelé que ce contrat ne pourrait fonctionner qu’avec la bonne combinaison de toutes ses solutions et son appropriation par tous les agriculteurs.

C’est une première étape, car « nous avons 336 pistes identifiées, et nous allons poursuivre le travail, a expliqué Alexandre Quillet, président de l’Institut technique de la betterave. Si les pouvoirs publics décidaient de nous accompagner politiquement, financièrement et réglementairement, je vous laisse imaginer comme nous irions plus vite et plus loin », a-t-il ajouté. Ainsi le contrat a été proposé pour signature à quatre ministères : ceux de l’agriculture, de la transition écologique et solidaire, de la recherche et de la santé. Les organisations attendent un soutien sans faille du gouvernement. « Pour jouer le match, il faut être deux. Tout ce travail, c’est notre contribution à ce que le gouvernement appelle la responsabilité des acteurs. Nous attendons le même engagement des pouvoirs publics », a renchéri Mme Lambert. « Nous, les coopératives, on doit aller convaincre les agriculteurs que ces pratiques plus vertes ont une valeur sur le marché. On ne peut pas leur dire: vous allez essayer et payer les pots cassés. C’est là qu’il y a une demande d’accompagnement de l’État », a pour sa part souligné Christian Pees vice-président de Coop de France. De son côté, la Ferme France a demandé un soutien à la recherche pour faire émerger les solutions et un accompagnement financier des agriculteurs pour la mise en place des solutions identifiées. La quarantaine d’organisations partenaires vont proposer tous les six mois une évaluation des actions identifiées avec un suivi des indicateurs de déploiement des solutions et « le cas échéant, une actualisation des actions à conduire », selon le document.