La complainte du roi (1 min 30)

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Au moins 46 milans royaux sont décédés de causes anthropogéniques en 2018, l’un des plus lourds bilans des dix dernières années.

En 2018, le milan royal a payé un lourd tribut à l’homme : 46 cadavres d’individus décédés de causes anthropogéniques ont été découverts en France par le Réseau Milan royal. Après l’année 2011, durant laquelle 62 cadavres avaient été comptabilisés, c’est la plus importante mortalité relevée ces dix dernières années. 24 autopsies et analyses toxicologiques ont été conduites et ont conclu à 13 cas d’empoisonnement, qui reste de loin la première cause de mortalité en France pour ces rapaces. « Plus grave encore, les substances responsables de la mort de neuf d’entre eux sont le carbofuran et l’aldicarbe, deux substances interdites en France depuis plus de dix ans », souligne la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) dans un communiqué. Les quatre autres individus sont morts suite à des intoxications à des anticoagulants utilisés pour limiter les populations des campagnols dans les champs. (bromadiolone et brodifacoum), au plomb ou au cadmium. Parmi les autres causes de décès, deux milans ont été victimes de tirs, quatre, d’électrocutions, trois, de collisions avec des éoliennes et un, de collision avec un avion. La LPO précise que, si huit des milans étaient équipés de balises GPS, la plupart des cadavres ont été découverts par hasard. « Nous sommes en mesure de nous demander combien de milans royaux ont véritablement péri en 2018 en France victimes d’actes malveillants ou d’infrastructures dangereuses. Probablement des centaines… » L’association appelle les services de l’Etat à prendre « leurs responsabilités et [mettre] en œuvre des mesures urgentes pour mettre fin à ces destructions de Milans royaux ». Elle rappelle qu’un nouveau Plan national d’actions en faveur du Milan royal à justement été initié par le Ministère de la transition écologique et solidaire en 2018, pour une période 10 ans. Il a pour double objectif de consolider les noyaux de population existants et de retrouver une population viable à l’échelle de l’aire de répartition indiquée par l’atlas des oiseaux nicheurs de 1994. 19 actions sont prévues et répondent à six objectifs différents : favoriser la prise en compte du plan d’actions dans les politiques publiques, améliorer les connaissances, maintenir, améliorer et restaurer l’habitat – Étendre l’aire de répartition, réduire la mortalité, favoriser l’acceptation locale, coordonner le plan et diffuser les connaissances et les pratiques.