Près de Paris, un sit-in pour « stopper » le défrichage d’une vaste forêt (1 min 30)

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À deux kilomètres de Paris, un collectif se bat pour la préservation d’une forêt de 27 hectares menacée par un projet de base de loisirs.

Un sit-in face aux pelleteuses : une quinzaine de militants, parmi lesquels la chanteuse Catherine Ringer, ont occupé lundi un chantier dans une forêt de Romainville (Seine-Saint-Denis) où « 2.000 arbres sont arrachés » pour aménager une base de loisirs, ont-ils indiqué à l’AFP. « Il n’y a pas eu de défrichage aujourd’hui, nous avons réussi notre démonstration de force », a estimé Hélène Zanier, présidente du collectif des Amis de la forêt de la Corniche des forts, une zone de 27 hectares située deux kilomètres à l’est de la capitale. Sur des anciennes carrière de gypse, le site fermé au public depuis 1956 abrite une végétation foisonnante, enchevêtrement d’arbres, de lianes et de ronces. « Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité ! ». Au petit matin, les manifestants, soutenus par le député LFI Bastien Lachaud, sesont installés face aux engins qui ont commencé à défricher cette jungle la semaine dernière, avant d’être encadrés par les forces de l’ordre. « Habitante du 93 depuis 17 ans », l’ex-membre des Rita Mitsouko Catherine Ringer, assise par terre, a dit être venue se battre pour « une forêt qui existe depuis 60 ans et est un des poumons verts du coin ». « On est là pour défendre les arbres, qui freinent le réchauffement climatique, et dénoncer le fait de faire une prairie en injectant du béton dans le sol alors qu’il y a tout ce qu’il faut ici en matière d’espaces vert s», a-t-elle ajouté. A ses côtés, une militante s’était allongée devant une pelleteuse, au pied d’un immense tas de sable destiné à la fabrication du béton qui doit être injecté pour combler les anciennes carrière de gypse. La Région Ile-de-France a annoncé à l’AFP son intention de porter plainte pour intrusion illégale et blocage de chantier. Dimanche, une semaine après la publication d’un rapport alarmant du GIEC (groupe d’experts sur le climat de l’ONU), environ 150 personnes s’étaient rassemblées pour dire leur opposition au défrichage « écologiquement aberrant » de sept hectares de forêt. L’aménagement d’une base de loisirs, à l’étude depuis une vingtaine d’années, a été entériné par la présidente LR de la région, Valérie Pécresse, pour un coût de plus de 12 millions d’euros – l’un des plus importants chantiers pour la région Ile-de-France. En 2020, le site devrait notamment accueillir une prairie, des jeux pour enfants et des agrès sportifs, mais aussi un poney-club et de l’accrobranche. Vingt hectares de bois sur 27 seront « sanctuarisés » pour préserver ce « poumon vert », promet la Région.