Loup : à Yellowstone, chasse au braconnier ; en France, impunité pour Estrosi

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Un groupe de défense des animaux a promis lundi une récompense pour toute information cruciale sur l’auteur du tir qui a blessé une louve blanche. En France, la Cour de cassation relaxe Christian Estrosi du chef de « diffamation »

La louve, surnommée la « dame blanche », avait été retrouvée grièvement blessée le 11 avril par des randonneurs dans la partie du parc qui se trouve dans le Montana. Le majestueux mammifère avait dû être euthanasié en raison de sa blessure. Les responsables du célèbre parc national avaient offert la semaine dernière une récompense de 5.000 dollars pour retrouver la personne ayant blessé « l’un des loups les plus reconnaissables et recherchés par les visiteurs ».

Wolves of the Rockies, un groupe de défense du Montana, offre lui désormais 5.500 dollars. « Il y a un tollé chez les amateurs de vie sauvage, qui veulent mettre la main sur l’individu responsable de cela », a affirmé à l’AFP Marc

Cooke, président du groupe. Selon lui, il ne fait aucun doute que des chasseurs sont derrière ce tragique événement, agacés par la concurrence du loup qui convoite les mêmes animaux. « Quelqu’un s’est saisi de la problématique et a décidé de gérer la vie sauvage comme bon lui semble. En d’autres termes, en braconnant les loups », a dénoncé Marc Cooke. La louve qui a été euthanasiée avait 12 ans et 14 louveteaux, selon Yellowstone. Elle était l’une des trois loups blancs du parc. Les loups, qui sont une centaine dans ce parc à cheval sur le Montana, l’Idaho et le Wyoming, ont été réintroduits à Yellowstone en 1995.

Pendant ce temps, en France, la cour de cassation a annulé la condamnation pour diffamation de Christian Estrosi poursuivi pour ses propos sur la réintroduction du loup dans le massif du Mercantour (Alpes-maritimes). L’entourage du maire de Nice a diffusé l’information, mais n’a pas communiqué l’arrêt de la cour de cassation. Impossible donc de savoir si la relaxe est fondée sur des motifs de fond ou de procédure. Le président démissionnaire de la région PACA, poursuivi par SNE-FSU

Syndicat National de l’Environnement, avait été condamné en première instance et en appel pour diffamation envers un corps de fonctionnaires. « En 1992, le loup a été réintroduit artificiellement par des fonctionnaires de l’État et par des gardes du parc du Mercantour », avait déclaré M. Estrosi. Au mois d’aout 2014 une plainte avait été déposée par le Syndicat National de l’Environnement qui avait abouti, en 2015 à une condamnation pour diffamation en première instance. Elle avait été confirmée en appel.M. Estrosi s’est pourvu en cassation et la cour de cassation a débouté le syndicat. « Je continuerai à me battre en faveur des agriculteurs et pour la régulation du loup. Je ne lâcherai rien sur ce sujet », a réagi M. Estrosi dans un communiqué.