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Le printemps en France apporte une bonne nouvelle : le balbuzard pêcheur et le pygargue à queue blanche, deux rapaces rares, nichent à nouveau avec l’aide de l’homme.

Sur un pylône à Haute Tension, deux grands rapaces clairs aux ailes longues et étroites veillent sur leur nichée. Il s’agit de l’un des six couples de balbuzards pêcheurs qui, en 2017, ont construit leur nid sur des équipements de la RTE (Réseau de Transport d’Electricité) en Sologne. Cet oiseau prestigieux, autrefois commun près des rivières, lacs et étangs français, a été éradiqué par l’homme au début du XXè siècle, avant de revenir spontanément nicher en Forêt d’Orléans (Loiret) dans les années 1980. Lui qui affectionne les grands arbres pour nicher n’a pas hésité, en 2006, à s’installer sur un pylône RTE, et depuis, de recommencer chaque année avec chaque fois plus de nids. En 2016, un partenariat entre RTE, l’Office National des Forêts (ONF), l’association Loiret Nature Environnement (LNE) et la ville d’Orléans a été signé pour mettre en œuvre « Objectif Balbuz@rd », un projet de protection des balbuzards du Centre-Val de Loire par la sensibilisation du grand public à l’aide des nouvelles technologies et la conduite d’études scientifiques sur le rapace. Ainsi, des caméras alimentées par des panneaux solaires ont été installées sur deux pylônes RTE, permettant d’observer en direct et en continu la vie des couples de balbuzards : construction des nids, accouplements, ponte, becquée des petits, etc… Ce système autorise également les ornithologues à travailler sur l’espèce sans provoquer de dérangement, tandis que le Muséum d’Orléans peut poursuivre ses études sur le comportement et le régime alimentaire de l’espèce. Actuellement, un couple avec trois oisillons peut être observé sur le site d’Objectif Balbuz@rd.

En région Centre Val de Loire, un autre oiseau rare et inféodé aux milieux aquatiques est peut-être en train de se reproduire. Le 26 avril 2017, des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont identifié deux adultes de pygargue à queue blanche, l’un des plus grands rapaces diurnes d’Europe avec une envergure pouvant aller jusqu’à 2,40 m. Le lendemain, au sommet d’un arbre, les agents ont découvert une aire de branchages aux dimensions importantes où se trouvait l’un des deux adultes. Un suivi rapproché et une protection stricte des pygargues, particulièrement sensibles au dérangement en période de reproduction, vont être menés par l’ONCFS afin de confirmer dans quelques mois si celle-ci a été menée à terme et que les jeunes se sont envolés. Un tel succès constituerait les deuxième cas de reproduction avérée de cette espèce en France après une absence de plus de 60 ans. En effet, jusque dans les années 1950, le pygargue nichait en Corse, avant de disparaître du territoire à cause de la chasse et de la pollution des eaux. Surtout présent dans les pays du Nord et de l’Est de l’Europe, il est actuellement un migrateur et un hivernant rare et protégé, principalement visible dans les grandes régions d’étangs. Depuis 2010, la Lorraine hébergeait l’unique couple reproducteur français. Le Val de Loire constituera désormais peut-être le second.

Pour observer en direct les balbuzards pêcheurs