« Aujourd’hui, la couche d’ozone guérit. » Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, s’est réjoui, mardi 16 septembre, du rétablissement confirmé de cette barrière protectrice qui filtre les rayons ultraviolets (UV) provenant du Soleil. Ce succès a été rendu possible par la signature, en 1987, du protocole de Montréal qui a permis d’éliminer plus de 99 % de la production des produits chimiques qui appauvrissent la couche d’ozone, au premier rang desquels les chlorofluorocarbures (CFC), utilisés dans l’industrie du froid.
Le magazine -très, très- conservateur Franc-Tireur salue la nouvelle par ce commentaire : « une avancée majeure qui apporte un démenti aux vendeurs de fin du monde. L’alliance de la science et de la politique, parfois ça marche ».
Il faut saluer la pertinence et la hauteur de vue de cette remarque : en effet, la science et la politique peuvent se conjuguer efficacement, l’Histoire n’est pas avare d’exemples éloquents. Qu’auraient été Hiroshima sans la fusion nucléaire, ou la Solution finale sans le Zyklon B produit par IG Farben et utilisé dans les chambres à gaz ? Que serait la politique agro-industrielle d’aujourd’hui sans les pesticides développés par les mêmes qui, jadis, inventèrent le Zyklon B (Bayer, qui fabrique le glyphosate, est issue du démantèlement d’IG Farben) ?
Quant aux « vendeurs de fin du monde », de qui s’agit-il au juste ? Des scientifiques qui alertent sur la perte irrémédiable de services écosystémiques essentiels à la survie de notre espèce (et de quelques autres), et sur la dérive climatique qu’un homme politique de premier plan (un certain Donald T) a qualifiée à la tribune de l’ONU de « plus grande arnaque jamais menée contre le monde » ?
Le techno-solutionnisme béat dont fait preuve Franc-Tireur se heurte à une multitude de murs. Celui d’une science corsetée, muselée dans un nombre croissant d’États, privée de moyens, réduite à mendier les subsides du privé. Celui, dont la politique française nous offre l’affligeant spectacle, d’une caste engoncée dans des idéologies obsolètes, où seuls comptent le capital d’un côté, le travail de l’autre, et où ce que nous devons au Vivant est au mieux ignoré, au pire dénié. « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ». Ce n’est hélas pas un personnage politique qui l’a dit, mais un scientifique. Et pas le plus niais : un certain Albert Einstein.

