Don Quichotte de la Vendée

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« Fe n’est pas la virouette qui tourne, f’est le vent »… zozotait avec aplomb le pittoresque Edgar Faure (1908-1988, président du Conseil de 1955 à 1956), resté célèbre pour sa longévité en politique et qualifié de « girouette » pour l’infinie variabilité de ses convictions (il avait une excuse : il était radical).

Ce cynisme en béton armé a trouvé un héritier beaucoup plus inquiétant : Bruno Retailleau. A l’évidence le vent tournoie en tornade dans la tête du ministre de l’Intérieur : en 2011, alors président du Conseil départemental de la Vendée, il proclamait sans reprendre son souffle : « Après l’accident de Fukushima, on ne peut plus raisonner comme avantIl faut augmenter la part des énergies renouvelables.» Et il appuyait la création du parc éolien en mer Yeu-Noirmoutier. Sur son site internet, le Département vante d’ailleurs cette réalisation qui délivrera ses premiers kWh… fin 2025. La semaine dernière, le même Bruno Retailleau publiait une tribune dans Le Figaro pour fustiger les énergies renouvelables et exiger la fin du financement de l’éolien et du solaire.

Pourquoi cette haine de l’extrême-droite -dont M. Retailleau est l’envoyé spécial permanent au sein du gouvernement- pour les énergies renouvelables, et pour l’écologie en général ? Au temps d’Edgar Faure, les droites extrêmes avaient deux bêtes noires : les Juifs et le communisme. Et les confondaient souvent en pourfendant un hypothétique « complot judéo-communiste ». Depuis qu’un gouvernement d’extrême-droite règne en Israël, les premiers sont devenus fréquentables (avec quelques ratés tout de même…), et le communisme a peu ou prou disparu du paysage. Il fallait donc trouver d’urgence des boucs émissaires de substitution. Les Musulmans et l’écologie sont aujourd’hui de très convenables plans B d’épouvantails. L’écologie a tous les attributs pour ça : elle constitue un système de pensée et de valeurs, une vision du monde radicalement alternatifs au libéralisme extractiviste illibéral qui enchante les rêves de M. Retailleau et de ses pareils, de Trump à Poutine et à Milei. Un danger permanent, donc.

Voilà pourquoi Don Retailleau de la Vendée et son armée de Sancho Pança n’ont rien de plus urgent à l’agenda que de ferrailler contre les moulins à vent…

PS – Le Conservatoire du littoral célèbre cette semaine -tristement- son cinquantième anniversaire. Quelques élu-e-s irresponsables veulent sa peau. Pour en savoir plus, et pour signer la pétition, c’est ici !