Européennes: du rififi chez les chasseurs

Van Vieng

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Van Vieng
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Le lobbyiste Thierry Coste, proche du patron des chasseurs Willy Schraen, a indiqué mardi qu’il ne soutenait plus sa liste « Alliance rurale » aux élections européennes, dont il critique la stratégie et le « silence » sur la crise agricole.

« J’ai vu que j’avais du mal à être écouté et entendu », a déclaré à l’AFP M. Coste, confirmant comme il l’a dit au Figaro que sa décision remonte au lancement de l’Alliance rurale début décembre.  Une séquence certes « réussie », mais « tout était très amateur », estime-t-il, déplorant les défections de personnalités pressenties comme le chef cuisinier Pierre Gagnaire ou le champion cycliste Bernard Hinault, « pas briefés correctement » en amont selon lui.  Le lobbyiste, qui plaidait pour « une femme éleveuse en tête de liste » plutôt que son « ami » Willy Schraen, souhaitait aussi négocier avec de possibles concurrents politiques comme Jean Lassalle ou le centriste Philippe Folliot. Manière d’ouvrir le discours sur « la vie quotidienne dans les campagnes » plutôt que de le restreindre à « chasse, pêche, nature, traditions et barbecue », souligne-t-il.  Resté « discret » depuis sept semaines, M. Coste a repris la parole en raison de la fronde des agriculteurs, qui « coche toutes les cases » de cette liste pro-ruralité dont il « n’arrive pas à comprendre le silence » sur ce sujet.  Mutisme cependant rompu mardi matin par un communiqué de l’Alliance rurale qui « soutient le mouvement » des agriculteurs et dénonce les « politiques françaises et européennes ubuesques influencées par l’écologie radicale ».  L’entourage de M. Schraen relativise la rupture avec Thierry Coste, qui « n’a jamais été sur la liste, ni directeur de campagne » et n’était présent au lancement de la liste « qu’en tant que conseiller politique de la fédération des chasseurs ».  « Il n’est pas avec nous, il n’a jamais fait partie du dispositif », insiste Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès (Hérault) et candidat sur la liste, qui se dit satisfait de cette « clarification » et met en avant le soutien affiché de son homologue de Béziers, Robert Ménard. Pas encore suffisant toutefois pour dépasser 1% dans les sondages.