Les barrages tuent (aussi) les rivières tropicales (1 mn 30)

Photo © Quang Nguyen vinh de Pixabay

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Une étude globale sur les ouvrages hydroélectriques des cours d’eaux tropicaux pointe une alarmante fragmentation de l’habitat, conduisant à la disparition d’espèces de poissons.

Les barrages hydroélectriques ont des effets désastreux sur les poissons de rivière : c’est en substance la conclusion d’une nouvelle évaluation globale réalisée par des chercheurs de l’Université Radboud, de l’Agence néerlandaise d’évaluation environnementale et du « Natural Capital Project » de l’Université de Stanford. Ils ont cartographié les impacts de 40 000 barrages de rivières tropicales actuels, et ceux prévus de 3700 ouvrages en cours de construction ou à venir, sur 10 000 espèces de poissons. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Leurs résultats montrent que la construction de barrages augmentera d’au moins un quart, et jusqu’à 40% en moyenne, la fragmentation d’habitats le long de rivières comme l’Amazone, le Niger, le Congo, le Salween et le Mékong ; compromettant la reproduction des poissons, réduisant leurs aires de répartition et divisant les populations en groupes isolés. Ainsi, l’achèvement d’un barrage prévu sur le fleuve Purari en Papouasie-Nouvelle-Guinée pourrait avoir des impacts très importants sur les poissons qui migrent vers et depuis l’océan au cours de leur cycle de vie.

Valerio Barbarossa, auteur principal de l’article, nota que ce barrage particulier pourrait réduire la connectivité des habitats de poissons d’eau douce d’environ 80%. Autre effet néfaste sur le fonctionnement écologique des rivières : les barrages transforment des cours d’eau rapides en réservoirs d’eau stagnante, l’eau du fond devenant pauvre en oxygène et impropre à la vie. Les effets néfastes de la construction de barrages tropicaux sont visibles dans la grave diminution du nombre de poissons-chats géants du Mékong et d’Amazonie, ainsi que dans la récente extinction du poisson-spatule chinois, qui avait survécu des millions d’années, mais dont le nombre a été fortement réduit par les barrages dans l’habitat de l’espèce.

La perte d’espèces ne diminue pas seulement la diversité : les poissons tropicaux des rivières sont essentiels à la subsistance des communautés locales. Les barrages éliminent les poissons, avec parfois des impacts économiques et sociaux catastrophique. Enfin, les barrages emprisonnent les sédiments dans leurs réservoirs, réduisant ainsi la teneur de l’eau en nutriments et la production de poissons dans les tronçons de rivière en aval.

L’étude

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