Convention pour la diversité biologique : COP 14 en Egypte (2 mn 30)

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La Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique de 2018 vient de prendre fin dans la ville côtière de Charm el-Cheikh, en Égypte, 

Il ne reste que deux ans avant la fin de la période d’engagement du Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020. Au cours des deux prochaines semaines, les gouvernements seront invités à intensifier leurs ambitions et leurs actions pour atteindre les 20 objectifs qu’ils se sont fixés à Nagoya, au Japon, en 2010. Lors de la conférence de cette année, les gouvernements nationaux, les organisations régionales et d’autres parties prenantes clés du monde entier ont conduit des discussions intenses dans le but de donner une dernière impulsion pour atteindre les objectifs mondiaux convenus en matière de biodiversité pour 2020 et de lancer la dynamique vers un cadre mondial ambitieux et réalisable pour la biodiversité après 2020.

Mme Cristiana Paşca Palmer, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, a souligné l’urgence cruciale pour la communauté internationale de travailler ensemble pour préserver la biodiversité mondiale dès maintenant : « Si nous n’agissons pas, nous pourrions bientôt atteindre des points de basculement qui pourraient causer des destructions irréversibles à la nature et, finalement, à l’humanité ».

Au cours des 25 années écoulées depuis la signature de la Convention, les décisions prises par les gouvernements ont abouti à la création d’un réseau mondial d’aires protégées, dont 15 % pour les terres et près de 6 % des océans de la planète, et à l’élaboration d’orientations politiques et de lois importantes pour la conservation des ressources naturelles et la réglementation de leur utilisation durable. Malgré ces succès, tout porte à croire qu’il n’y a pas suffisamment d’actions en cours. Les rapports régionaux et autres évaluations de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), publiés en mars, ont montré que dans toutes les régions du monde, avec quelques exceptions susceptibles de fournir d’intéressantes leçons, la biodiversité et la capacité de la nature à subvenir aux besoins de l’humanité ont été dégradées, en raison de la pertes des habitats, de la surexploitation et d’un usage non durable des ressources naturelles, de la pollution de l’air, de l’eau et des sols,  de l’impact grandissant des espèces exotiques envahissantes et du changement climatique, entre autres.Le Rapport Planète Vivante 2018 du WWF a également révélé que les populations mondiales de vertébrés devraient diminuer de 60 % par rapport à leur niveau de 1970 d’ici 2020.

L’Égypte prend les rênes de la Convention pour les deux prochaines années charnières, faisant suite aux travaux du Mexique qui en a assuré la présidence de 2016 à aujourd’hui. Cette année, la réunion de la Conférence des Parties a été présidée par S.E. Yasmine Fouad, Ministre de l’Environnement de l’Egypte, qui a notamment déclaré : « La nature et l’humanité ne sont pas des entités séparées, et l’Afrique montre la voie à suivre dans le cadre de la biodiversité mondiale post-2020 ».

Le WWF a appelé tous les Etats membres de la CDB à « rehausser leur ambition à travers l’adoption d’une feuille de route solide et soutenue au plus haut niveau politique ». Aura-t-il été entendu en France ? Ni le site du ministère des affaires étrangères, ni celui du ministère de l’écologie ne faisaient mention, cette semaine, de la rencontre de Charm el-Cheikh…

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