Brésil : Greenpeace contre Total (1 mn)

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Suite à une exploration scientifique, l’ONG révèle que le pétrolier a dissimulé un récif corallien dans sa demande d’autorisation de forage au large du Brésil.

La zone de concessions au large du Brésil, où Total compte chercher du pétrole, abrite une partie du Récif de l’Amazone : c’est ce que révèlent les scientifiques embarquée à bord de L’Esperanza, le navire affrété par Greenpeace. L’équipage de l’Esperanza a réussi à immerger son matériel d’exploration dans les eaux agitées et sédimentées de la côte nord du Brésil, à l’endroit même où Total veut forer des puits d’exploration pétrolière. Grâce aux images transmises par le sonar, les scientifiques ont pu localiser des fonds propices au développement du récif. Ils ont ensuite envoyé à cet endroit précis une caméra étanche ainsi qu’un petit robot téléguidé, pour explorer sous ces eaux tumultueuses.

Ces images d’exploration ont permis aux scientifiques à bord d’être formels : rhodolithes, éponges, coraux… Les rhodolithes sont des algues calcaires (organismes vivants) qui constituent des habitats pour les poissons et autres créatures typiques des récifs. Leur présence semble donc confirmer que le récif est bien là.

Il s’avère aussi que le récif est bien plus grand prévu. Alors que les scientifiques tablaient au départ sur une taille de 9500 km2, ils estiment aujourd’hui qu’il s’étendrait en réalité sur 56 000 km2. Une marée noire ou une fuite seraient catastrophiques pour la faune et la flore de ce récif qui a été exploré pour la toute première fois seulement l’an dernier, par Greenpeace. De plus, les communautés côtières, dont les ressources dépendent de la mer, seraient touchées de plein fouet. Pour Greenpeace, « cette information invalide le dossier que Total a remis aux autorités brésiliennes en vue d’avoir l’autorisation de commencer à forer. La question est de savoir comment le pétrolier a pu négliger une telle information. Il s’agit soit d’une preuve d’incompétence soit d’une omission volontaire. Quoi qu’il en soit, le gouvernement brésilien n’a désormais d’autre choix que de refuser d’accorder à la compagnie pétrolière les autorisations de forage ! ».