Traitements interdits sur des eaux minérales: les Écologistes demandent des sanctions

David Mark de Pixabay

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Les Écologistes (ex-EELV) ont demandé mardi des sanctions contre Nestlé Waters qui a reconnu avoir eu recours à des traitements interdits sur des eaux minérales pour maintenir leur « sécurité alimentaire ».

« Nous demandons des sanctions » contre le numéro un mondial de l’eau minérale, propriétaire des marques Vittel, Contrex, Hépar, Perrier, a déclaré sur X la patronne des Verts, Marine Tondelier. « L’eau naturelle en bouteille est vendue 100 fois plus chère que l’eau du robinet », a-t-elle dénoncé.  Le recours à des traitements interdits concerne environ un tiers des marques en France, rapportent mardi Le Monde et Radio France, citant un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) remis au gouvernement en juillet 2022.  Prenant les devants, Nestlé Waters a révélé lundi dans la presse qu’il avait recouru à des traitements interdits d’ultraviolets et de filtres au charbon actif sur certaines de ses eaux minérales pour maintenir « leur sécurité alimentaire » et en avoir informé les autorités en 2021.  « Le gouvernement est au courant depuis 2021? C’est une honte », a commenté Marine Tondelier.   « Il semblerait logique qu’une enquête soit ouverte par la justice pour déterminer les responsabilités des entreprises, mais aussi des politique en place à l’époque et qui auraient couvert ces agissements », a précisé l’entourage de la patronne des Ecologistes.   Selon la réglementation en vigueur, il est interdit de traiter les « eaux de source » ou « eaux minérales naturelles », qui proviennent de zones protégées et ne nécessitent donc pas de subir un processus de purification. Cette opération est censée être réservée à l’eau du robinet.  Nestlé Waters aurait décidé d’appliquer ces traitements interdits en raison de « contaminations sporadiques d’origine bactérienne ou chimique », selon Le Monde.  D’après cette enquête, une réunion se serait tenue à Bercy entre Nestlé et les ministres de l’Economie, Bruno Le Maire, et de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher. L’entreprise aurait révélé aux autorités ces pratiques, demandé à maintenir certains traitements et à faire évoluer la réglementation.  Une « mission d’inspection » a été confiée à l’Igas après que Nestlé a reconnu à l’été 2021 auprès des autorités des « traitements non-conformes sur (ses) sites » de production, a indiqué mardi à l’AFP une source gouvernementale.