Les forêts secondaires d’Europe favorisent la biodiversité

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Dans le cadre du projet européen SPONFOREST, des scientifiques ont étudié le phénomène de repousse spontanée des forêts secondaires dans les paysages du sud-ouest de l’Europe. Leurs résultats montrent que les forêts secondaires favorisent la biodiversité et qu’elles contribuent au bien-être des populations.

Dans le cadre du projet ERA-NET BiodivERsA3 « Exploiter le potentiel de l’établissement spontané de forêts pour améliorer les fonctions et les services écosystémiques dans les paysages dynamiques », aussi appelé SPONFOREST, des scientifiques français, espagnols et allemands ont étudié la régénération naturelle des forêts du sud-ouest de l’Europe. Ils ont combiné une approche en écologie et sciences sociales.

« Les chercheurs ont évalué différents biens et services liés à l’établissement des forêts spontanées dans quatre sites étudiés, présentant des contextes écologiques et sociétaux contrastés », indique l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Ils ont analysé deux sites en zone rurale subissant l’exode rural et deux autres en zone périurbaine avec une forte occupation des sols.

Les résultats ont été publiés dans la revue Annals of Forest Science et Applied Ecology. Ils montrent que les forêts secondaires génèrent d’importants services écosystémiques. Les nouvelles forêts permettent une meilleure régulation du climat et une source d’énergie. Les chercheurs ont montré que les forêts secondaires favorisent également la biodiversité, qu’elles sont plus résistantes à la sécheresse, qu’elles représentent une réelle opportunité pour la préservation et la gestion des paysages dans un contexte d’exode rural et de changement climatique augmentant la mortalité des arbres en Europe.

Les scientifiques notent par ailleurs que le reboisement spontané favorise la connectivité d’habitats forestiers, et qu’il ne provoque en aucun cas une diminution de la diversité d’habitats à l’échelle des paysages européens. Les forêts secondaires sont caractérisées par une croissance rapide des arbres qui font de ces espaces des puits de carbone efficaces. Enfin, il a été relevé que pour les espaces non gérés, la diversité des espèces végétales des forêts secondaires favorise la diversité des insectes herbivores dans les paysages fragmentés.

La réponse des populations locales face à ces nouvelles forêts est mitigée. Les perceptions sont plutôt négatives en zones rurales car les forêts secondaires symbolisent la perte des paysages et modes de vie traditionnels comme le pastoralisme. En revanche, les retours sont plutôt positifs en zone périurbaines où ces nouveaux espaces représentent pour d’autres une opportunité, soit pour la gestion forestière, soit pour la conservation de la nature.

Étude publiée dans Annals of Forest Science

Étude publiée dans Applied Ecology