L’administration Trump poursuivie en justice pour protéger les limules, au sang très recherché

Yinan Chen de Pixabay

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Yinan Chen de Pixabay
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Une ONG environnementale a attaqué l’administration Trump en justice lundi pour sa passivité en matière de protection des limules, ou « crabes fer à cheval », de plus en plus menacées par la surpêche visant à prélever leur sang utilisé pour tester la sûreté des médicaments.

Parfois qualifiées de « fossiles vivants », ces créatures d’un autre âge arpentent les eaux côtières peu profondes du monde depuis 450 millions d’années. Elles ont vu les dinosaures apparaître puis s’éteindre.

Mais leur population a chuté de plus de 70% depuis 2000 en raison de la surpêche et de la destruction de leur habitat.

Leur sang bleu vif est utilisé depuis les années 1970 pour tester la sécurité des produits biomédicaux, malgré l’existence d’alternatives synthétiques désormais approuvées et largement utilisées en Europe et en Asie.

« La pêche des limules pour leur sang est désormais la principale menace qui pèse sur elles », a déclaré à l’AFP Will Harlan, scientifique au Center for Biological Diversity, qui a engagé l’action en justice contre l’agence fédérale américaine chargée notamment de la protection des ressources marines.

« Nous pensons que, comme les populations de limules sont très réduites à l’étranger — les trois autres espèces de limules étant toutes encore plus menacées que la limule américaine —, la demande mondiale s’est déplacée vers les Etats-Unis », a-t-il ajouté. Les prélèvements à des fins biomédicales ont doublé au cours des sept dernières années, a-t-il précisé.

Le Center for Biological Diversity, avec 25 autres organisations, a adressé en février 2024 une pétition au gouvernement de l’ancien président Joe Biden pour inscrire la limule américaine sur la liste des espèces menacées ou en danger.

En vertu de la loi fédérale américaine de protection des espèces en danger (Endangered Species Act), une telle pétition déclenche un délai de 90 jours pour rendre une décision initiale. Si la loi prévoit une certaine flexibilité, elle exige toutefois qu’une décision scientifiquement justifiée soit prise dans l’année.

« Malheureusement, sous les deux administrations, nous avons attendu une décision qui, légalement, aurait dû intervenir beaucoup plus tôt », a regretté M. Harlan. « Mais les limules ne peuvent plus attendre. »