Des ONG plaident pour la création d’aires marines protégées en Antarctique

Photo d'illustration ©Spalla 67 de Pixabay

1528
⏱ Lecture 2 mn.

Une coalition d’ONG de conservation dont Pew, ASOC, SeaLegacy, Antarctica2020, Ocean Unite et Only One, plaide en faveur de la création de trois zones marines protégées dans l’Antarctique oriental, la péninsule Antarctique et la mer de Weddell.

Plusieurs groupes de conservation ont créé une coalition pour plaider en faveur de la création de trois zones marines protégées dans l’Antarctique oriental, la péninsule Antarctique et la mer de Weddell. Pew Charitable Trust, la coalition pour l’Antarctique et l’océan Austral (ASOC), Antarctica2020, Ocean Unite et Only one travaillent ensemble pour faire protéger ces zones d’un total de 4 millions de kilomètres carrés.

Les décisions concernant la région marine de l’Antarctique doivent être prise par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). Elle compte 25 États membres et l’Union européenne, ainsi que 10 États adhérents. Toute décision nécessite un consensus entre tous les membres. Les groupes de conservation craignent que l’approbation de propositions visant à créer ces aires protégées soient ralentie par le vote défavorable de la Chine et la Russie qui ont des intérêts de pêche dans la région.

Selon les propos de Rodolfo Werner, conseiller principal auprès de Pew et ASOC, recueillis par Mongabay, chaque année, la Chine extrait environ 50 000 tonnes de krill de l’océan Austral. Or, le krill est l’une des espèces les plus importantes vivant dans cet océan. Ces minuscules crustacés ressemblant à des crevettes sont la nourriture de nombreuses espèces, telles que les baleines, les phoques, les pingouins, les calmars, les poissons et les oiseaux de mer. Sans le krill, la chaîne alimentaire pélagique s’effondrerait entièrement. Le krill est également largement récolté pour la consommation humaine, principalement pour la farine de poisson et les compléments alimentaires oméga-3.

L’établissement proposé des trois zones marines protégées – qui comprendraient des zones de non-prélèvement, mais aussi des zones permettant une pêche réglementée – contribuerait à protéger les populations de krill de la surexploitation et permettrait aux activités de pêche de se poursuivre dans d’autres zones d’après les dires du commandant Philippe Cousteau à Mongabay. Mais ce n’est pas seulement la pêche qui menace le krill – le changement climatique fait des ravages sur l’espèce car les températures élevées font fondre la glace dont elle dépend de manière vitale. La création de ces trois aires marines protégées (AMP) contribuerait à rapprocher le monde de l’objectif de protection de 10 % des océans d’ici 2020, un objectif clé pour la protection des océans tel que défini par l’objectif 14 de développement durable des Nations Unies et l’objectif 11 de la Convention sur la biodiversité biologique (accords d’Aichi).