Loi Alimentation : 30 organisations dressent un « constat d’échec »

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Revenu paysan non revalorisé, tensions commerciales, retour attendu des insecticides néonicotinoïdes… Trente syndicats et associations dressent mardi un « constat d’échec » de la loi Alimentation, ou Egalim, promulguée il y a deux ans.

Les ambitions de cette « loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable« , issue des États généraux de l’alimentation (Egalim) voulus par Emmanuel Macron et promulguée le 1er novembre 2018, sont « définitivement enterrées« , estiment dans un communiqué et une « note d’analyse » ces organisations, dont la Confédération paysanne, Greenpeace et UFC-Que Choisir. Selon elles, « le constat d’échec est sans appel« . « Aucune des ambitions et bonnes intentions déclarées en grandes pompes ou sous forme législative n’ont été suivies d’effet« , dénoncent les signataires.

« Là où les réformes engagées devaient permettre de revaloriser le revenu paysan, celui-ci a continué à se dégrader au profit de l’agro-industrie. Là où des objectifs intéressants étaient fixés pour la restauration collective (notamment d’au moins 20% de bio en 2022, ndlr), ils paraissent aujourd’hui hors d’atteinte tant les collectivités sont laissées livrées à elles-mêmes« , écrivent-ils. Ils déplorent encore : « Là où nous attendions des amorces de transition, nous constatons au contraire de nouveaux reculs comme sur les néonicotinoïdes. »

Les parlementaires étudient actuellement un texte du gouvernement visant à réintroduire temporairement ces insecticides nocifs pour les abeilles afin de « sauver » la filière des betteraves à sucre, malmenée par des pucerons verts vecteurs d’un virus. Plus globalement, les organisations reprochent à l’exécutif « l’abandon des principales ambitions du quinquennat pour la transition écologique et sociale du système agroalimentaire » et lui demandent « de corriger le tir d’urgence« . « En attendant, la dégradation de notre environnement social et naturel se poursuit : la consommation de pesticides augmente, le nombre de paysan.n.e.s diminue, la biodiversité poursuit son effondrement, l’insécurité alimentaire explose en France et partout dans le monde… » mettent-elles en garde.