Grajaú, Brésil - Une zone déboisée dans le sud de l’État de Maranhao, vue depuis l’hélicoptère d’IBAMA, l’agence nationale brésilienne de l’environnement. © Tommaso Protti
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Le 10e Prix Carmignac du photojournalisme sera exposé à la Maison Européenne de la Photographie (MEP) à Paris et sur les grilles de l’Hôtel de Ville, du 4 décembre 2019 au 16 février 2020.

Le 10e Prix Carmignac du photojournalisme est consacré à l’Amazonie et aux enjeux liés à sa déforestation. Présidé parYolanda Kakabadse, ministre de l’environnement de l’Équateur de 1998 à l’an 2000 et présidente de l’association WWF de 2010 à 2017, le Prix a été attribué à Tommaso Protti.

Entre janvier et juillet 2019, le photojournaliste italien Tommaso Protti, accompagné du journaliste britannique Sam Cowie, a parcouru des milliers de kilomètres à travers l’Amazonie brésilienne pour réaliser ce reportage. Depuis la région de Maranhão à l’est, à celle de Rondônia à l’ouest, en passant par les États du Pará et de l’Amazo- nas, ils dressent le portrait de l’Amazonie brésilienne contemporaine, où les crises sociales et humanitaires se superposent à la destruction inexorable de la forêt vierge, poumon de la planète.

L’Amazonie est une vaste région qui couvre neuf pays : le Brésil, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur, la Colombie, le Venezuela, le Guyana, le Suriname et la Guyane française. D’une superficie de 5 500 000 km2, ce territoire est traversé par l’Amazone, deuxième fleuve le plus long au monde et le plus important en termes de débit.

L’Amazonie représente à elle seule la moitié des forêts tropicales restantes de la planète. Elle concentre 70% de la biodiversité mondiale et abrite une espèce sur dix existantes sur Terre.Ce territoire accueille 30 millions de personnes, dont 350 groupes indigènes, vivant en grande majorité des services rendus par la nature. Mais cet écosystème est plus que jamais menacé par le développement des activités économiques de la région.

Tandis que, depuis 1999, au moins 2 200 nouvelles espèces ont été découvertes dans le biome amazonien, la forêt amazonienne est, avec 17% de sa superficie déjà détruite, une région de plus en plus vulnérable. L’activité humaine, ainsi que le dérèglement climatique, sont responsables de la dégradation et de la destruction de ce milieu naturel fragile. Les conséquences locales, mais aussi globales, sont multiples : émissions de gaz à effet de serre, destruction de la biodiversité, altération de l’hydrologie ou encore érosion des sols.

Araribóia, Brésil – Un membre de la garde forestière Guajajara dans un instant de silence triste à la vue d’un arbre abattu par ceux qu’ils suspectent être des trafiquants, dans la réserve indigène d’Araribóia, dans l’État de Maranhão © Tommaso Protti

Pour Tommaso Protti, il s’agissait d’« illustrer les transformations sociales en dénonçant le massacre et la destruction qui ont actuellement lieu dans la région (…) conséquences de changements au niveau du marché international et celles d’une augmentation exponentielle de la consommation à l’échelle mondiale, de la cocaïne à la viande de bœuf. Les scientifiques s’accordent à dire que la forêt est en passe d’atteindre un point de non-retour : la déforestation, alimentée par le commerce illégal du bois, l’accaparement des terres, l’expansion agricole, le développement de projets privés et étatiques et l’extraction de ressources en sont autant de causes. » ». Tommaso Protti ajoute que de son point de vue  « il est important de sensibiliser le public sur ce sujet et de s’interroger sur ce qui est en train de se passer. »

Sam Cowie, journaliste britannique qu’il l’a accompagné complète « Avec (…) Tommaso Protti, nous embarquons pour un voyage au cœur de la crise. À travers son travail, il porte un regarde sans préjugés sur les paysages et modes de vie variés de l’une des dernières grandes forêts tropicales de la planète. »

L’exposition sera accompagnée d’un catalogue bilingue français-anglais, co-publié par la Fondation Carmignac et Relief Éditions Amazônia, préfacé par Stéphen Rostain, Archéologue, Directeur de recherche au CNRS, et avec une introduction de Sam Cowie.