Et surtout, la santé !

56
⏱ Lecture 2 mn.

Fondé sur l’idée selon laquelle la santé humaine, animale, végétale et celle des écosystèmes sont étroitement liées, le sommet « One health » (une seule santé), qui s’est déroulé la semaine dernière à Lyon, est largement passé sous les radars de l’actualité. Les efforts d’Emmanuel Macron pour lui donner une visibilité médiatique sont demeurés vains (mais qui, il est vrai, se soucie encore d’Emmanuel Macron ?). Même des ministres présent-e-s ne s’en sont pas aperçu ! Prenez Mme Genevard par exemple. La ministre française de l’agriculture a entendu, stoïque, les 600 scientifiques présents recommander pour la Nième fois de « repenser l’agriculture et l’alimentation par l’agroécologie ». Aussitôt sortie du colloque, droite dans ses bottes aimablement fournies par la FNSEA et le lobby agro-industriel, elle s’est empressée de faire exactement le contraire.

Les instituts de sondage n’ont pas été non plus bouleversés par les enseignements du happening lyonnais. Ainsi, une étude BVA-CESI rendue publique dimanche nous apprend que la première préoccupation des Français-e-s avant la présidentielle de l’an prochain est… la santé, et plus précisément la préservation de notre système de santé (à 95 % !). Et que « la préservation de l’environnement » ne préoccupe « que » 77 % d’entre eux, moins que la lutte contre le chômage ou « la maîtrise de l’immigration ». Tout est dans la façon de poser la question : il n’est pas venu à l’idée des doctes sociologues de BVA qu’il s’agit en fait du même sujet. Les experts ont rappelé à Lyon que 75 % des maladies émergentes sont des zoonoses (issues du monde animal) et qu’ il y a 50 % de « chances » qu’une autre pandémie similaire à celle du Covid-19 nous frappe au cours des vingt-cinq prochaines années. C’était quand, déjà, la dernière fois que notre système de santé a été complètement engorgé et incapable de faire face à l’afflux massifs de patients ?

A Lyon, la création d’un réseau dénommé « One brain health » a été annoncée, pour comprendre et prévenir l’impact des transitions environnementales sur la santé cérébrale, dont la santé mentale. Nul doute que nos dirigeants ont été les premiers dans la file des admissions !