🔻 21 % des populations de poissons toujours surpêchées en France

Photo d'illustration ©pixaoppa de Pixabay

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L’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) a publié son bilan annuel sur l’état des populations de poissons pêchées en France. La surpêche touche encore 21 % d’entre elles.

Le dernier bilan annuel sur l’état des poissons pêchés en France de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) révèle que l’objectif premier de la politique commune de la pêche (PCP) visant 100 % de populations en bon état en 2020 n’a pas été atteint. Seulement 47 % des volumes de poissons pêchés en France sont issus de populations en bon état. L’institut note malgré tout qu’en 2020, 60 % des poissons proviennent de populations exploitées durablement contre seulement 15 % il y a 20 ans. La surpêche touche encore 21 % des populations et 2 % d’entre elles sont considérées comme « effondrées ». C’est le cas du Merlu en Méditerranée et du Cabillaud de la Mer du Nord et de la Mer Celtique. Les Chinchards de l’Océan Atlantique et la Sole de Mer du Nord sont eux encore surpêchés et dégradés. Les populations de Thon rouge de Méditerranée et de Bar de la Manche et de Mer du Nord sont respectivement en reconstitution et reconstituable. Enfin, une amélioration lente est à noter pour certaines espèces en « bon état » comme la sardine du Golfe de Gascogne et le Merlu du golfe de Gascogne, de la Mer Celtique et de la Mer du Nord.

Le rapport de l’Ifremer relève que la science a permis de contribuer à une évolution favorable des populations. « La progression des connaissances a permis d’éclairer les gestionnaires et d’appuyer leurs décisions. Les évaluations concernent par exemple plus de 160 populations de poissons pour la France métropolitaine contre 80 en 2000 », souligne le document. L’Ifremer rappelle également que l’état des populations en mer Méditerranée est très inquiétant. Le bilan annuel révèle que 39% des captures marines en Méditerranée sont évaluées ce qui veut dire qu’il existe encore une méconnaissance de l’état de 61% des populations. Cela représente 8 populations évaluées sur 274 espèces débarquées. Au total, un tiers des volumes de populations suivies sont considérées comme surpêchées (rouget et merlu majoritairement).

L’Union Européenne a voté un plan de gestion pluriannuel des pêches pour la Méditerranée européenne occidentale (du Sud de l’Espagne à la côte nord de la Sicile), effectif depuis janvier 2020. Celui-ci se donne pour objectif d’atteindre 30 % de réduction de l’effort de pêche sur le merlu d’ici 2025.

Consulter le bilan annuel de l’Ifremer