🔻 Les aires protégées aident les oiseaux d’eau à s’adapter au changement climatique

Photo d'illustration ©David Mark de Pixabay

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Publiée dans la revue scientifique Conservation Biology, une nouvelle étude révèle que les aires protégées offrent des conditions favorables aux espèces d’oiseaux d’eau pour s’adapter au changement climatique.

Une étude menée par l’Université de Turku en Finlande, en partenariat avec une quarantaine d’organisations, dévoile que les aires protégées (AP) présentent des caractéristiques propices à l’adaptation des espèces d’oiseaux d’eau au changement climatique. Les scientifiques se sont appuyés sur des données collectées par des milliers d’ornithologues lors des recensements internationaux d’oiseaux d’eau « Wetlands » chaque début d’année. 97 espèces d’oiseaux d’eau (Hérons, canards, limicoles…) hivernant en Europe et Afrique du Nord ont été analysés dans 39 pays sur 25 ans aussi bien dans les AP qu’à l’extérieur.

Il a été remarqué que l’accélération du réchauffement climatique et les activités anthropiques excessives empêchent les espèces de s’adapter de manière optimale à l’augmentation des températures, ce qui contribue au déclin de certaines espèces. Pour répondre à la pression climatique les oiseaux vont migrer vers les pôles. Cependant, les espèces terrestres vont être sujets à ce que les chercheurs qualifient d’une « dette climatique ». Leurs déplacements vers des aires plus propices vont être beaucoup plus lents que le changement de climat, ce qui présente un risque pour leur survie. Il a été observé que dans les aires protégées, le décalage des aires de répartition vers le nord était plus rapide (+43%). Dans les AP, la composition des communautés d’oiseaux d’eau observée actuellement correspond à celle observée à des sites 90 km plus au sud il y a 25 ans.

Les scientifiques ont ainsi évalué l’importance relative des processus de colonisation et d’extinction afin d’éclairer les stratégies de conservation dans l’optique de réduire la dette climatique et de conserver les espèces. Ils ont remarqué que les changements de communautés en réponse au réchauffement climatique peuvent être facilités par des taux de colonisation plus élevés des espèces vivant dans les zones chaudes mais aussi atténués par la diminution des taux d’extinction des espèces vivants dans les zones froides. Les scientifiques de l’Université de Turku ont cherché à savoir si les communautés au sein des AP avaient une dette climatique plus faible et des modèles de changement de communauté différents par rapport au sites non protégés. Ils ont constaté que les populations des AP avaient plus d’espèces, une colonisation plus élevée, une extinction plus faible et une dette climatique inférieure de 16%. Les recherches suggèrent que les AP jouent un rôle important dans le processus de maintien de la biodiversité face aux changements climatiques.

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