Les hot-spots de biodiversité océanique sont aussi des points chauds… de plastique (2 m)

Photo d'illustration © Richard-Carey-Fotolia

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Une nouvelle étude révèle que les micro-plastiques qui entrent dans les océans sont transportés par les courants sur les fonds marins les plus riches en biodiversité, contaminant la chaîne alimentaire aux niveaux les plus bas.

Les micro-plastiques, des particules plastiques de moins de 5 mm, envahissent les océans. Et aussi minuscules soient-elles, ces particules en énormes quantités causent presque certainement des dommages aux délicats écosystèmes marins, selon les experts. Un nouveau rapport publié dans la revue Science révèle la trajectoire des micro-plastiques après leur entrée dans l’eau. Si certains, comme les particules de polystyrène, peuvent flotter à la surface, la plupart accumulent des algues et des minéraux qui les font couler au fond de l’océan. De là, les micro-plastiques sont happés par les courants marins, qui les déposent dans des zones avec beaucoup de sédiments, créant ce que les auteurs de l’étude appellent des « points chauds de micro-plastiques« . [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Pour le découvrir, l’équipe de chercheurs a prélevé des échantillons de sédiments sur le fond de la mer Tyrrhénienne, en Méditerranée. Ils ont découvert que les micro-plastiques s’accumulaient à des profondeurs de 600 à 900 mètres, et que les points chauds de micro-plastiques pouvaient contenir jusqu’à 1,9 million de particules par mètre carré, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré sur les fonds marins, selon Ian Kane, l’auteur principal de l’étude.

La majorité des micro-plastiques sont des fibres textiles provenant d’objets comme les vêtements en polyester. La plupart de ces fibres proviennent du traitement des eaux usées domestiques et industrielles, et sont transportées par le système d’égouts : en effet, les filtres de la plupart des usines de traitement des eaux usées ne retiennent pas les micro-plastiques, qui entrent dans les rivières et sont ensuite rejetés dans la mer. Or, d’après Ian Kane, les fibres sont les particules les plus facilement absorbées dans la chair des organismes.

Par ailleurs, les micro-plastiques attirent et accumulent des toxines, telles que les hydrocarbures, qui les rendent dangereux pour tout organisme qui les consomme. Les fonds marins chargés en sédiments et en oxygène sur lesquels les micro-plastiques sont poussés par les courants forment également des points chauds de biodiversité océanique. Les particules entrent donc dans la chaîne alimentaire aux niveaux les plus bas, et arrivent fatalement en quantités importantes aux plus grands organismes de la chaîne trophique. Cette étude montre ainsi comment de grandes quantités de micro-plastiques peuvent se déplacer jusqu’au fond des mers et être transportées dans des habitats marins essentiels.

L’étude

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