Toutes les espèces terrestres sont confrontées aux pressions anthropiques – et surtout les prédateurs (2 mn)

Photo © Gudkovandrey-Fotolia

1575
⏱ Lecture 2 mn.

Une nouvelle étude évaluant les effets cumulés des activités humaines sur la faune et la flore sauvages révèle que la grande majorité des espèces terrestres sont confrontées à une pression anthropique intense. Un autre étude démontre que les prédateurs sont les plus touchés par la perte d’habitat.

Une équipe de recherche dirigée par Christopher O’Bryan, de l’université australienne du Queensland, a étudié les pressions exercées par l’homme sur les aires de répartition de 20 529 vertébrés terrestres – 10 745 espèces d’oiseaux, 4 592 mammifères, 5 000 amphibiens et 192 reptiles – et a découvert que 85% d’entre eux, soit quelque 17 517 espèces, sont exposés à des « pressions humaines intenses » dans au moins la moitié de leur aire de répartition. Environ 16 %, soit 3 328 espèces, sont exposés à ces pressions dans l’ensemble de leur aire de répartition. Les espèces ayant une petite aire de répartition sont par ailleurs exposés de façon disproportionnée à cette pression humaine. Un nombre croissant de preuves montre que les changements d’utilisation des terres, tels que l’urbanisation et la conversion en pâturages ou en terres agricoles, et d’autres activités humaines, comme le développement des infrastructures, le braconnage et la chasse excessive, font décliner les populations d’animaux sauvages. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Pour obtenir une image complète de la façon dont l’humanité affecte la faune sauvage du monde, O’Bryan et ses collègues ont utilisé un ensemble de données appelé « empreinte humaine« , l’ensemble de données le plus complet disponible sur la pression humaine mondiale. Elle permet « une évaluation cumulative qui comprend des données sur les routes, les environnements bâtis, la densité de la population humaine, les chemins de fer, les voies navigables, les pâturages et les terres cultivées, à une résolution globale de 1 km2« . L’étude a déterminé qu’aucune partie de l’aire de répartition de 40 % des amphibiens, 15 % des mammifères et 12 % des oiseaux n’est exempte de pression humaine intense. Les travaux montrent qu’une grande partie des vertébrés terrestres n’a nulle part où se cacher des pressions humaines.

Par ailleurs une autre étude visant à déterminer si certains animaux sauvages sont plus touchés que d’autres par la perte d’habitat a révélé que les prédateurs sont les plus touchés. La perte de végétation rendant plus difficile pour les grands prédateurs de trouver suffisamment de nourriture lorsque des changements d’utilisation des terres se produisent dans leur aire de répartition, l’équipe de recherche, menée par Tim Newbold de l’University College London (UCL), s’attendait à ce que ces types d’animaux soient particulièrement touchés. Pour tester leur prévision, Newbold et son équipe ont utilisé une base de données contenant plus d’un million d’enregistrements de l’abondance de plus de 25 000 espèces dans des habitats naturels, tels que la forêt primaire, et des habitats perturbés par l’homme, des terres agricoles intensément gérées aux villes, dans 80 pays du monde.

Si leur analyse a montré que les prédateurs sont effectivement plus touchés par la perte d’habitat que les autres groupes, ce ne sont pas les grands carnivores qui connaissent le plus fort déclin, mais les petits invertébrés. Les grands prédateurs tels que lions et tigres n’ont pas décliné autant que prévu à cause de la perte d’habitat, probablement car leurs populations ont déjà diminué dans le passé en raison d’autres actions humaines, comme la chasse. En revanche les petits prédateurs – comme les araignées et les coccinelles – connaissent actuellement le plus grand déclin.

L’étude sur les pressions humaines

L’étude sur les prédateurs

[/ihc-hide-content]