🆓 Des micro-balises pour suivre les tout petits animaux (3 mn)

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Un nouveau procédé de géo-localisation, le WBN, permet de suivre en temps réel les déplacements de tout petits animaux (à partir de 20 grammes !) y compris dans des milieux confinés.

Baptisé Wireless Biologging Network (WBN), ce procédé, décrit dans la revue PLOS Biologypar Simon Ripperger de l’Institut Leibniz pour l’évolution et la science de la biodiversité et ses collègues, pourrait combler une lacune importante dans le domaine du de la bio-géo-localisation : le suivi et la détection de proximité entièrement automatisés des tout petits animaux, même dans des habitats fermés, en haute résolution spatiale et temporelle.

Les récents progrès de la technologie de suivi des animaux ont ouvert une nouvelle ère dans le domaine de la bio-géo-localisation. En recueillant des données d’une quantité et d’une qualité sans précédent, les méthodes automatisées ont révolutionné de nombreux domaines, notamment l’écologie animale, le comportement collectif, la migration et la biologie de la conservation.

Cependant, la communication par satellite pour la localisation ou l’accès aux données nécessite beaucoup de puissance, et les émetteurs lourds limitent considérablement la capacité à suivre les espèces de vertébrés plus petites. Pour résoudre ce problème, Ripperger et ses collègues ont développé leur WBN – un système qui permet de suivre en haute résolution des animaux pesant aussi peu que 20 grammes. Ces espèces plus petites représentent une grande partie des oiseaux et des mammifères. Les WBN donneront donc aux chercheurs de nouvelles capacités pour répondre à un large éventail de questions sur le comportement et l’écologie des animaux.

Comme l’indique l’étude, le WBN est un système évolutif et flexible qui offre une résolution temporelle de quelques secondes, permet l’enregistrement automatique des trajectoires de déplacement même dans des habitats structurellement complexes comme les forêts, et constitue une solution à très faible consommation d’énergie pour l’accès aux données à distance sur des distances de plusieurs kilomètres.

Les chercheurs ont déployé le WBN pour étudier des chauves-souris sauvages : ils ont pu ainsi retracer leurs interactions sociales leurs trajectoires de vol avec une qualité sans précédent. Pour ce faire, des capteurs de localisation sans fil sont placés dans la zone d’étude, et des balises mobiles légers sont fixées aux animaux. Par exemple, les auteurs ont implanté 17 capteurs dans une zone de 1,5 hectare de forêt allemande et ont collé des balises mobiles sur la fourrure de 11 grands-murins : ils ont pu ainsi suivre leurs vols et leurs interactions.

Pour les auteurs, les WBN seront très utiles pour la biologie des petites espèces animales qui se déplacent sur des échelles spatiales plus petites et plus prévisibles, en particulier à l’intérieur des habitats où la transmission des signaux est limitée. De tels dispositifs permettront d’étudier les effets de la dynamique des réseaux sociaux sur des phénomènes tels que la transmission d’informations sociales et d’agents pathogènes, et sur des fonctions clés des écosystèmes telles que la pollinisation et la dispersion des graines.

Pour Simon Ripperger : « La clé du succès de ce projet a été l’étroite collaboration entre les biologistes, les informaticiens et les ingénieurs électriciens. Grâce au haut niveau de miniaturisation des balises portées par les animaux, nous pouvons maintenant recueillir des données d’une quantité et d’une qualité sans précédent qui nous permettent d’étudier le comportement des petits animaux de manière beaucoup plus détaillée. Par exemple, nous avons appris grâce à la détection de proximité dans la nature que les mères chauves-souris nocturnes guident leur progéniture vers de nouveaux perchoirs et que les relations sociales des chauves-souris « vampires » (sous-famille des Desmodontinae, NDLR) qui se sont formées en laboratoire persistent dans la nature. À l’avenir, nous prévoyons d’étendre nos travaux à d’autres groupes taxonomiques – une méthode qui permet de suivre les chauves-souris est également susceptible de fonctionner pour d’autres petits animaux tels que les reptiles ou les oiseaux chanteurs ».

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